La travailleuse sociale et professeure à l’Unité d’enseignement de travail social à l’Université du Québec à Chicoutimi, Sandra Juneau, s’intéresse à l’utilisation des téléphones intelligents chez les 18-24 ans et aux réseaux sociaux, dans le cadre de sa plus récente recherche. Elle veut mieux comprendre le lien qui unit les jeunes à leur téléphone intelligent et aux réseaux sociaux. La professeure a commencé ses démarches avant la pandémie. Comme bien des projets, son étude a été quelque peu ralentie, mais la chercheuse est confiante de pouvoir publier ses résultats d’ici le début de 2022.

Myriam Arsenault, Initiative de journalisme local Le Quotidien

Mme Juneau s’intéresse au lien qui unit les 18-24 ans à leur téléphone intelligent. Ce n’est pas la première fois qu’elle étudie ce genre de sujet, puisque sa thèse de doctorat avait porté sur la notion de cyberdépendance, qui n’est pas toutefois pas une dépendance officielle à ce jour. « Dans ma tête, ce n’était pas vraiment d’essayer de comprendre pourquoi ce n’était pas encore une dépendance reconnue, mais plutôt comment ça s’est amené dans les discours pour qu’on parle de dépendance », explique Mme Juneau lors d’un entretien par visioconférence avec Le Quotidien.

Elle a remarqué que la littérature scientifique se concentrait surtout sur les effets négatifs de l’utilisation des écrans et des technologies. Cela l’a amenée à se questionner sur le lien qui unit cette génération née avec le numérique et ses téléphones intelligents. Mme Juneau veut donc porter un regard plus général, pour comprendre le phénomène qu’elle voit d’ailleurs dans ses propres cours, lorsque ses étudiants sont toujours près de leur téléphone et qui l’utilisent dès qu’ils ont un moment un temps de libre.

La travailleuse sociale s’intéresse aussi aux besoins comblés et aux types de liens créés par ces utilisations. « On lit souvent que la nouvelle génération, elle est moins en contact, plus dans son monde virtuel, mais est-ce que ce ne serait pas que la socialisation a changé ? C’est ça qui est intéressant, c’est d’aller voir de quelle manière les jeunes socialisent aujourd’hui et se demander s’ils se sentent comblés à l’intérieur même de leurs liens sociaux ? », se questionne Mme Juneau.

Les différentes applications et les réseaux sociaux seront également analysés par la chercheuse. « Je veux mieux comprendre l’utilisation des réseaux et des téléphones intelligents par les jeunes pour éventuellement mieux accompagner et même outiller les intervenants », souligne-t-elle.

Recherche de participants Mme Juneau invite tous ceux qui souhaiteraient participer à cette étude à la contacter au sandra1_juneau@uqac.ca. Les seules obligations sont de détenir un téléphone intelligent et d’avoir entre 18 et 24 ans.

Le participant devra répondre à quelques questions lors d’un entretien d’au maximum 90 minutes, qui peut se faire en ligne. Toutes les informations recueillies demeureront confidentielles.