Ça fait partie des conditions pour passer l’Halloween : il faudra maintenir une distance de deux mètres entre les bulles familiales, mais aussi entre les enfants et les personnes qui distribuent les bonbons. Comment s’y prendre ? Voici quelques idées qui viennent de gens qui ne manquent pas d’imagination.

Catherine Handfield Catherine Handfield
La Presse

Faire glisser les bonbons

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Gabriel Gosselin, sa fille Nelly, 4 ans, et son bébé Arthur, devant leur chute à bonbons, dans le quartier Ahuntsic, à Montréal

C’est Andrew Beatie, un père de famille de l’Ohio, qui a ouvert le bal à la mi-septembre en partageant sur les réseaux sociaux une photo de sa « chute à bonbons » sans contact — un tuyau de carton attaché à la rampe des escaliers de son balcon. L’idée a fait du chemin, si bien que nombre de Québécois prévoient de la mettre en application cette année. C’est le cas de Gabriel Gosselin, qui a fixé sur sa galerie avant un bout de tuyau de sécheuse abandonné dans son sous-sol. « Ma fille Nelly et moi, on a pratiqué la descente dans le tuyau. Comme ce n’est pas un tuyau droit, au début, les sacs restaient coincés devant », raconte le Montréalais. On a donc fait des billots avec les sacs en enroulant du tape autour, pour qu’ils ne restent pas coincés. » La petite famille est fin prête pour le 31.

Tendre une perche

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Manon Chatel se servira d’une longue pince achetée chez Dollarama.

Filet à piscine, canne à pêche, pelle, bâton de hockey ; si on se fie à notre appel à tous sur Facebook, de nombreuses personnes utiliseront un objet pour tendre les bonbons aux enfants. Manon Chatel, de Pointe-aux-Trembles, se servira d’une longue pince achetée chez Dollarama. « Avec mon bras, la pince et le bras de l’enfant, ça fait pas mal deux mètres ! », dit la grand-mère de six petits-enfants. Nadine Vaillant, pour sa part, a trouvé une façon ludique de procéder : elle veut mettre les sacs de bonbons… sur un camion téléguidé ! Quant à Mélanie Gauthier, de Saint-Hubert, elle partira faire la tournée avec un filet à papillons, que son fils de 8 ans pourra tendre aux généreux donateurs de bonbons.

Accrocher des petits sacs

PHOTO FOURNIE PAR MARIE-CHRISTINE GIROUX

Brandon Madore, 8 ans, Théo Dussault, 7 ans, et Carey Madore, 8 ans, vont accrocher les sacs à bonbons sur une corde à linge devant leur maison, à Lévis.

Quand on a annoncé que l’Halloween aurait lieu, des gens ont exprimé certaines craintes sur les réseaux sociaux. C’est pour les convaincre qu’il était possible de distribuer des bonbons sans contact que Marie-Christine Giroux a eu envie de trouver une solution. Son idée ? Elle va tendre deux cordes à linge entre ses poteaux de déneigement et y accrocher des sacs de bonbons, préalablement emballés par son garçon Théo (en bleu) et ceux de son amoureux, Brandon et Carey. « On va laisser les amis du quartier se servir », dit Marie-Christine, qui fait confiance à son voisinage, à Lévis. D’autres personnes prévoient d’accrocher les sacs sur les branches d’un arbre, à un arbre de Noël artificiel (pourquoi pas !) ou encore à la clôture, comme c’est le cas de Judith Walbrecq, du quartier Villeray, à Montréal.

Désinfecter et étendre

PHOTO FOURNIE PAR ANNIE BLAIS

Annie Blais a installé deux tables devant chez elle : une avec du désinfectant, l’autre avec des sacs de bonbons.

PHOTO FOURNIE PAR ANNIE BLAIS

Annie Blais et sa fille Liliana, 22 mois

Annie Blais, de Joliette, installera une table pliante à l’avant de son terrain, « celle qu’on utilise quand on reçoit des gens… ou plutôt quand on les recevait ! », dit-elle en riant. Elle disposera sur la table ses sacs de bonbons, que les enfants prendront eux-mêmes après s’être désinfecté les mains avec du Purell. « Ce sera la première vraie Halloween pour ma fille [Liliana, 22 mois], dit Annie. J’aurais trouvé ça plate de ne pas pouvoir donner de bonbons et aller en chercher avec elle. »

Planifier une activité spéciale

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Charlie Boulanger, Zahara Léonie Poirier et Romane Brunet partiront porter des bonbons dans les boîtes aux lettres d’amis du quartier, dans la journée du 31, et elles en recevront aussi en retour.

Croyant que le porte-à-porte ne serait pas permis cette année, Chantal Poirier et sa voisine Ève Brunet, de Montréal, ont pensé à une solution de rechange, sans contact, mais avec des bonbons. Et même si le porte-à-porte est permis, les enfants sont tellement emballées par leur plan qu’elles vont quand même le mettre à exécution ! Elles ont établi une liste de 15 à 20 enfants dans leur réseau. Chaque famille participante préparera un sac de bonbons pour chaque enfant. Et le 31 octobre, pendant la journée, tout ce beau monde partira chacun de son côté faire la livraison des sacs dûment identifiés en les déposant dans la boîte aux lettres. « Les enfants vont se déguiser non pas pour aller chercher des bonbons, mais pour en distribuer », résume Chantal Poirier, mère de Zahara Léonie, 6 ans. Sur la photo, on voit Zahara Léonie accompagnée des filles d’Ève, Charlie et Romane.

Chantal Poirier a préparé un formulaire pour aider les gens à former des groupes d’échange. https://www.facebook.com/photo?fbid=10157282500170824&set=a.61 411 980823

« Peu de risques associés » à la distribution

Selon le microbiologiste Christian L. Jacob, les principales préoccupations le soir de l’Halloween devraient être de rester dans sa bulle familiale, de se tenir à deux mètres des autres groupes et de rester à l’extérieur. « Pour ce qui est du mode de distribution, je pense qu’il y a peu de risques associés, dit-il, mais le lavage des mains avant de confectionner les sacs et la désinfection des surfaces sont des mesures de base faciles à mettre en place et qui peuvent contribuer à diminuer encore plus le risque. » Par ailleurs, quant à l’idée de mettre les sacs de bonbons en quarantaine, les autorités (tant québécoises que canadiennes ou américaines) n’en font pas mention. Soulignons que le risque de contamination par surface semble moins important que ce qu’on pouvait penser au début de la pandémie : à ce jour, aucun cas n’a encore été recensé dans la littérature scientifique.