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Un château à vendre dans le quartier Rosemont

Dans le Vieux-Rosemont, largement dominé par des vieux... (Photo Robert Mailloux, La Presse)

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Dans le Vieux-Rosemont, largement dominé par des vieux plex, rien n'est comparable à cette résidence bourgeoise, située au coin des rues Charlemagne et Dandurand.

Photo Robert Mailloux, La Presse

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Simon Diotte (collaboration spéciale)
La Presse

Que fait cette magnifique résidence bourgeoise dans un quartier populaire? La question se pose, car cette maison, présentement en vente, détonne complètement dans le paysage du Vieux-Rosemont largement dominé par des vieux plex.

 >> EN PHOTOS: faites une visite guidée de la résidence.

 Cette résidence victorienne, que les gens du coin désignent comme le château Rosemont, a été construite par la famille Voyer entre 1915 et 1920. Selon les informations obtenues par le propriétaire de l'endroit, Jorges Sauriol, les Voyer auraient fait fortune en vendant des bottes de travail aux ouvriers des ateliers Angus. Ils auraient choisi d'habiter rue Dandurand, près du boulevard Pie-IX, car leur manufacture de bottes se trouvait à proximité.

 Chose étonnante, la maison Voyer, avec sa tourelle couronnée d'un toit conique et d'un imposant porche, est en fait une réplique, à plus petite échelle, de la maison Arthur-Dubuc, un bâtiment remarquable qui se trouve rue Sherbrooke Est, à l'angle de la rue Berri. Toujours en excellent état, cet édifice a également été la résidence, de 1912 à 1920, d'Ucal-Henri Dandurand, un promoteur immobilier prospère considéré comme le père de Rosemont (c'est lui qui a baptisé ce quartier en l'honneur de sa mère, Rose).

 Est-ce que les Voyer, qui habitaient justement le quartier Rosemont, ont voulu rendre hommage à M. Dandurand en construisant une réplique de sa maison? On l'ignore, mais une chose est sûre, contrairement à une légende urbaine, Ucal-Henri Dandurand n'a jamais résidé dans cette maison ni sur la rue qui porte désormais son nom.

 Donc, la famille Voyer habita cette résidence jusque dans les années 40. Elle fut ensuite vendue à un certain monsieur Paquette, qui en fit, ô horreur, une maison de chambres! Quand Jorges Sauriol et sa conjointe l'ont acquise en 1998, elle hébergeait encore des chambreurs. Aujourd'hui, c'est un Bed and breakfast, le seul du coin, baptisé La Vie de Château.

 En visitant les lieux, on est surpris par l'opulence du rez-de-chaussée, avec ses hauts plafonds, ses portes françaises, ses vitraux, ses boiseries, ses colonnes de bois et sa spacieuse salle à manger. Tout porte à croire que nous sommes à Westmount. Quant au salon, c'est une pièce unique, car ses murs sont recouverts de quatre fresques murales d'origine. Trois d'entre elles représentent des scènes de la vie dans les bois, tandis que l'autre est un portrait de Kateri Tekakwitha, la petite vierge mohawk que Jean-Paul II éleva au rang de sainte en 1980. Surprenant!

 Si on avait visité cette maison 80 ans plus tôt, le rez-de-chaussée aurait eu pratiquement la même apparence, tant il a été bien conservé. Seule la cuisine a été entièrement rénovée. Avec ses armoires en bois et son comptoir en granit, elle s'harmonise à merveille avec le décor victorien de l'endroit. En plus des pièces de vie, on retrouve également un appartement deux pièces au même étage, actuellement occupé par les propriétaires de l'auberge (la loi interdisant aux propriétaires de gîte de demeurer dans le même espace que leurs clients).

 C'est par un imposant escalier en bois que l'on accède à l'étage, où se trouvent quatre grandes chambres à coucher, chacune possédant sa propre salle de bains complète avec douche. Il y en avait six du temps de la maison de chambres. Le large corridor central mène à un balcon en façade, situé au-dessus de l'entrée, et à une charmante terrasse située sur le côté de la résidence, un endroit isolé où l'on peut prendre le thé à l'abri du regard des voisins et des passants.

 À l'époque des Voyer, les domestiques occupaient le demi-sous-sol. Maintenant, on y retrouve deux appartements (une suite et un 4 1/2) actuellement gérés par le B&B, mais ils pourraient être loués comme des logements conventionnels, car ils possèdent leur entrée séparée. Situé sur le côté de la résidence, le stationnement pourrait être facilement converti en cour privée.

 Selon Manon Cantin, agente immobilière qui s'occupe de la vente de cette propriété, la maison Voyer intéresse une grande diversité de clientèle. «Un tiers des visiteurs voudraient maintenir sa vocation de B&B, un tiers aimerait y aménager leur bureau et l'autre tiers souhaiterait en faire leur maison», dit-elle. Heureusement, il semble que personne ne souhaite lui redonner sa vocation de maison de chambres.

 LA MAISON EN BREF

 Prix demandé : 675 000 $

Construction : 1919

Salle de bains : cinq (excluant celles de la suite et du 4 1/2)

Stationnement : deux à trois places

Évaluation municipale : 338 100 $

Agent immobilier : Manon Cantin Le Pailleur, courtier immobilier

514-273-4567

 




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