Prestige, une nouvelle enseigne spécialisée dans les propriétés de luxe, relèvera le défi de vendre des biens immobiliers de plus de 1,5 million de dollars… mais sans tambour ni trompette.

Sylvain Sarrazin Sylvain Sarrazin
La Presse

En prospectant pour notre rubrique « Le tour du propriétaire », où nous présentons des maisons remarquables à vendre et leurs occupants, nous avions effectivement noté que les détenteurs de propriétés haut de gamme déclinent souvent ce coup de projecteur médiatique, quitte à se priver d’une importante visibilité. Les raisons peuvent diverger : personnalités ou gens d’affaires désirant protéger leur vie privée, objets d’art ou de valeur pouvant devenir des cibles de convoitise, multiplication des visites d’acheteurs peu sérieux…

C’est justement pour répondre à ce besoin de discrétion que le courtier Albert Sayegh lance ce mois-ci, avec son associée Antonina Crecco, Prestige, une enseigne exclusivement destinée aux ventes résidentielles de 1,5 million et plus et jetant au feu tous les outils traditionnels du courtage : pas de pancarte plantée dans l’allée, d’inscription sur Centris ni de visites libres. La clientèle est triée sur le volet avant d’espérer pouvoir jeter un œil sur les lieux.

« Au fil des années, c’est une demande que l’on a souvent entendue chez nos clients : ne pas dévoiler l’adresse, couper le va-et-vient des visites, etc. Autrefois, on considérait que plus il y avait de personnes qui passaient à travers la porte, plus les chances de vente seraient bonnes. Aujourd’hui, la technologie nous fournit des outils pour relever ce défi autrement », indique M. Sayegh, fort d’une expérience de 17 ans chez RE/MAX, à laquelle l’enseigne Prestige est affiliée. Cette dernière couvre le Grand Montréal et certaines régions périphériques, comme les Laurentides.

Hauts registres et profil bas

Les outils en question sont des visites par vidéos et photos de haute qualité, des reproductions 3D avec 40 points de repère (plus qu’habituellement, ce qui donne une meilleure idée de la propriété), des plans d’étage très détaillés, mais aussi le recours à des registres qui permettront de trier les acheteurs.

Nous avons une base de données de toutes les propriétés des secteurs desservis ayant une valeur de 1,5 million. Cela nous permet de vérifier si un acheteur y figure. Si ce n’est pas le cas, nous posons les bonnes questions, avec tact, pour savoir s’il est sérieux. Le but est de réduire au maximum les dérangements de la famille du vendeur.

Albert Sayegh

L’équipe préfère également miser sur ses réseaux plutôt que d’annoncer au monde entier la mise sur le marché des luxueuses propriétés : les nouvelles inscriptions sont envoyées à tous les courtiers travaillant dans ce segment, ainsi qu’aux acheteurs potentiels figurant dans un registre constitué et entretenu par leurs soins. Sur le site internet de l’enseigne, les adresses ne sont pas dévoilées, les annonces étant classées par quartier uniquement.

D’après M. Sayegh, le marché du haut de gamme est, à l’image du reste du secteur immobilier, plus que jamais dynamique. D’après ses données, on trouve environ 5400 propriétés valant 1,5 million et plus à Montréal et dans sa première couronne, dont 500 sont actuellement en vente. En 2020, quelque 700 propriétés de ce type ont fait l’objet d’une transaction.

> Consultez le site de Prestige