Il y a les condos montréalais dont la vente, quasi immédiate, provoque des bras de fer entre les acheteurs potentiels. Et il y a ces propriétés qui restent sur le marché pendant plusieurs années, engagées dans la longue quête d’un nouveau maître des lieux. Nous avons discuté avec la courtière Johanne Simard, dont l’enthousiasme reste inébranlable, bien qu’elle soit chargée de l’épineuse mission de vendre l’une des résidences affichées depuis le plus longtemps sur Centris.

Sylvain Sarrazin Sylvain Sarrazin
La Presse

Alors que la plupart des acheteurs surveillent assidûment les dernières fiches de propriétés publiées sur la plateforme, nous avons remonté le fil du temps pour dépoussiérer celles qui y sont les plus anciennes. À l’autre extrémité des pages de recherche, nous avons d’abord trouvé ce duplex de Sorel-Tracy, jouxtant une autoroute et présenté avec une seule photo extérieure – on vous l’accorde, pas très vendeur…

Suit de près une belle maison de Baie-Saint-Paul, juchée sur une butte avec vue panoramique, entre fleuve et montagne. En dépit de son excellente situation dans une région touristique prisée, de son immense terrain (plus de 20 000 m2) et de son prix assez attractif (425 000 $), largement au-dessous de l’évaluation municipale (550 200 $), elle peine à trouver preneur depuis 2011. Johanne Simard, la courtière immobilière qui a hérité du dossier il y a quelques années, ne désespère pas de parvenir à la faire changer de mains.

L’immobilier, c’est comme dans la vie, c’est un coup de cœur. Je n’ai pas encore trouvé la bonne personne pour cette propriété-là, on essaie de trouver des solutions, on vient encore de baisser le prix, mais on va finir par trouver.

Johanne Simard

« Elle est sur un promontoire, bien entretenue, bien située », table Mme Simard, qui précise que les propriétés de ce secteur dans la tranche entre 300 000 $ et 400 000 $ se vendent plutôt bien, mais que celles affichant un prix allant au-delà sont plus ardues à placer. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir abaissé, au fil des ans, un tarif qui avoisinait au départ les 800 000 $, et ce, dans un marché qui a perdu un peu de dynamisme au cours de la dernière décennie.

PHOTO TIRÉE DU SITE DE CENTRIS

L’aménagement intérieur n’est pas au goût de tous, mais les vendeurs ne désespèrent pas de trouver un acquéreur qui sera séduit et prêt à réaliser quelques rénovations. 

Jumelage et internet

Mais l’aménagement intérieur, signé par un architecte, qui met davantage en valeur la montagne que le fleuve ainsi que les revêtements qui sont passés de mode avec l’écoulement des années semblent refroidir les visiteurs jusqu’à présent — et un réaménagement représenterait un investissement supplémentaire substantiel, que les propriétaires actuels ne souhaitent pas réaliser. « Je ne peux pas leur demander de refaire des parties entières ou de faire du home staging. Il faut l’aimer telle qu’elle est maintenant et, vu son bon potentiel, c’est pourquoi on recommande plutôt de baisser le prix pour qu’un éventuel acquéreur l’aménage à son goût par la suite », indique la courtière.

PHOTO TIRÉE DU SITE DE CENTRIS

L’accent peut être mis sur certaines pièces qui mettent particulièrement en valeur les environs. 

Aussi, pour tenter de faciliter la vente, un jumelage a été effectué afin de profiter de l’expertise immobilière locale : le dossier, qui avait été initialement déposé entre les mains d’un courtier de Montréal, a été transféré entre celles de Mme Simard, des Immeubles Charlevoix.

Cette dernière mise également beaucoup sur l’internet, notamment Centris et certains sites spécialisés dans les maisons de prestige, pour faire connaître cette maison boudée par le marché.

« Charlevoix, ce n’est pas Montréal. C’est sûr que cela peut prendre plus de temps, même si c’est un marché touristique où, habituellement, on vend plus rapidement », rappelle celle qui n’est pas près de rendre les armes : « Il va y avoir un coup de cœur ! », assure-t-elle.

> Consultez la fiche de la propriété : https://www.imcha.com/maisons-a-vendre/baie-saint-paul_sp229