Quelles seront les premières lueurs aperçues par le père Noël quand il amorcera sa tournée en traîneau vers le sud ? Nous avons cherché à savoir quelles demeures sont publiquement à vendre dans le nord de la province et du pays, mais aussi quels habitats civils seront aux premières loges pour guetter le passage du barbu dans la nuit du 24 décembre. Préparez vos mitaines.

Sylvain Sarrazin Sylvain Sarrazin
La Presse

À vendre : nordiques du Québec

PHOTO TIRÉE DE CENTRIS

Voici la propriété mise en vente publiquement la plus au nord du Québec. Située près de Havre-Saint-Pierre, elle compte deux chambres et un immense terrain de 241 919 pi2.

Nous avons eu beau faire chauffer les plateformes de recherche, le constat est là : les demeures publiquement à vendre dans le nord du Québec ne dépassent pas, actuellement, les secteurs de Havre-Saint-Pierre et de Sept-Îles (pour la Côte-Nord) ou Chibougamau (pour le Nord-du-Québec). Sur la plateforme Centris, qui recense toutes les propriétés vendues par courtage, il s’agit d’un chalet de Havre-Saint-Pierre construit en 2012, aux abords de la plage locale. La lutte est très serrée avec certaines maisons mobiles de Sept-Îles — pour les départager, les coordonnées de latitude ont été vérifiées, avec des écarts minimes. Dans la zone ouest de la province, c’est une maison unifamiliale de Chibougamau qui se hisse le plus haut. Les résultats d’une recherche avec les plateformes de vente directe (Duproprio, petites annonces, etc.) montrent des résultats identiques : au-delà de Havre-Saint-Pierre, point de vente annoncée.

> Consultez la fiche de la propriété de Havre-Saint-Pierre

Des marchés particuliers

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

La ville de Fermont, avec son fameux mur. Une grande partie des propriétés est administrée par les entreprises minières sur place.

En fait, il est probable que des résidences encore plus au nord soient à vendre, sans que cela soit publicisé ou recensé par les plateformes d’agrégation : dans les villages autochtones ou miniers, le parc immobilier est souvent géré localement, directement entre résidants, par l’entremise des pouvoirs publics ou d’entreprises sur place, comme à Fermont, à 500 km au nord de Sept-Îles : « La grande partie des maisons à Fermont sont prises en charge par les compagnies minières, qui les vendent et les rachètent », explique Marc Pelletier, courtier Via Capitale établi sur la Côte-Nord.

Des courtiers qui courent

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE

Le village de Blanc-Sablon, non loin du Labrador. Pas facile de gérer d’éventuelles ventes pour les courtiers.

Aussi, les grandes distances représentent des défis pour les courtiers. « Quand des maisons sont à vendre à Fermont, certains courtiers de Sept-Îles vont les prendre en charge, on les met sur Centris, mais des fois, on ne se déplace pas », précise M. Pelletier, qui évoque des défis encore plus relevés pour Blanc-Sablon (à 820 km de Sept-Îles et 1700 km de Montréal !), essentiellement accessible par bateau ou par avion depuis le Québec.

Même raisonnement pour James Fong, courtier RE/MAX à Baie-Comeau, dont trois collaborateurs couvrent Havre-Saint-Pierre depuis Sept-Îles. « C’est le plus au nord qu’on va. Je les trouve courageux, c’est 2 h 30 min de route passé Sept-Îles », dit-il. Fermont ? « On n’est pas capables de couvrir adéquatement, je me cherche un courtier dans le bout depuis des années. C’est huit heures de route depuis Baie-Comeau, avec le risque qu’on me dise dès le début de la visite : “Désolé, mon sofa ne rentre pas là-dedans”. »

Et au Canada ?

PHOTO TIRÉE DE REALTOR.CA

La résidence publiquement en vente la plus au nord du Canada, selon nos recherches, est située à Inuvik. Il s’agit d’un duplex affiché à 310 000 $.

Et à l’échelle du pays, qui vend son bout de Nord ? Le schéma est similaire : au Nunavut et dans de nombreuses zones nordiques, régis par des systèmes de marché immobilier particuliers, nous n’avons pas trouvé de propriété publiquement à vendre sur les plateformes usuelles. Les résidences les plus septentrionales annoncées, un duplex et un quadruplex, sont dès lors situées à Inuvik, une ville des Territoires du Nord-Ouest proche du Yukon et du fleuve Mackenzie. Moyenne de température annuelle : - 8,8 °C.

> Consultez la fiche de la propriété d’Inuvik

Habiter au plus près du pôle Nord

PHOTO IAN SCHOFIELD, TIRÉE DE WIKIMÉDIA COMMONS

Ivujivik sera le premier village du Québec aperçu par le père Noël lors de sa prochaine tournée.

Au-delà des ventes, quelles sont les maisons habitables les plus au nord du Québec et du Canada ? La curiosité nous a mené, dans le premier cas, à Ivujivik, sur le bord de la baie d’Hudson et à la lisière du Nunavut, où un groupe de maisons, dont un hôtel, borde le nord du village le plus septentrional du Québec. Aucune route ne s’y rend.

PHOTO TIMKAL, TIRÉE DE WIKIMÉDIA COMMONS

Le village de Grise Fiord, au Nunavut compte les résidences civiles privées les plus au nord du Canada. Au-delà, on trouve seulement des installations militaires ou météorologiques.

Pour le Canada, c’est Grise Fiord, un hameau du Nunavut fondé dans l’île d’Ellesmere, qui compte les résidences civiles les plus au nord. On y dénombrait 129 habitants en 2016, vivant là où la température annuelle moyenne est de - 16,5 °C !