Rachel Grenon a l'art dans le sang: «Je suis peinturée artiste... c'est comme un handicap!», lance-t-elle en rigolant. Théâtre, danse, aquarelle, après avoir touché à un peu de tout, elle a finalement trouvé son média: la céramique.

Catherine Couturier LA PRESSE

Après avoir exercé le métier de comédienne durant une dizaine d'années à Montréal, Rachel Grenon décide de s'exiler dans l'Ouest canadien, pour y apprendre l'anglais. Elle y trouve l'amour... et son métier. «Les gens aimaient beaucoup la céramique là-bas, et l'idée de confectionner un objet me plaisait», raconte-t-elle. Elle prend des cours de céramique au College of Art and Design Emily Carr de Vancouver et fabriquera ses objets pendant la saison morte.

En 2004, elle rentre au Québec et s'établit dans un endroit près de la nature, où elle pourra aménager son atelier et se consacrer à son art à temps plein. Elle s'installe au coeur du mont Brome, à Bromont, à distance raisonnable de la métropole, pour rester à l'affût de l'actualité artistique.

Textures, imperfections, couleurs

«Lorsque je marche avec mon chien dans la montagne, je remarque toutes les textures: c'est ce qui m'allume», indique Rachel Grenon. Des motifs dont elle s'inspirera ensuite dans ses créations.

«Mais c'est tellement banal de dire qu'on s'inspire de la nature!», plaisante-t-elle.

Rachel Grenon explore également la couleur, en superposant plusieurs glaçures sur fond blanc. «J'expérimente beaucoup; j'ai une certaine part de responsabilité, mais à la cuisson de la pièce, il y a toujours des surprises.» Ses couleurs sont produites uniquement avec des oxydes naturels (oxyde de cuivre, de bronze, etc.) plutôt qu'avec des pigments. «Les oxydes naturels font des finis plus fluides», explique-t-elle.

La recherche de cette parfaite imperfection se fait aussi dans les formes qui, en restant simples, sont toujours irrégulières. Car Rachel Grenon, même si elle a d'abord appris à tourner ses pièces, utilise maintenant la technique du façonnage. «Quand je tournais ma céramique, je la déformais toujours ensuite! Le façonnage permet des formes plus fluides, irrégulières», raconte-t-elle. Elle travaille avec de grandes plaques obtenues à l'aide de la galetteuse. Manipuler de telles pièces exige d'ailleurs une bonne forme physique.

Appel à la convivialité

Ses créations préférées restent sans doute ses grandes assiettes, qui lui servent de canevas pour explorer à fond la combinaison de couleurs et de formes. «Si je pouvais ne faire que ça, je serais heureuse!», lance-t-elle.

Cuisinière passionnée, elle voulait créer un plat de service pour mettre en vedette ses immenses salades et les plats à partager. Les grands plateaux appellent ainsi à l'accumulation, à la convivialité et au partage. Et la céramiste s'invite ainsi dans la cuisine de ses clients. «J'aime que mes objets entrent dans la vie des gens, qu'ils soient beaux, mais aussi qu'on les utilise», confie-t-elle.

Faire connaître le métier

En plus de participer à des expositions, à des oeuvres d'art publiques et à des salons partout au Canada et dans le monde, Rachel Grenon a à coeur de mieux faire connaître et apprécier son métier. Elle organise ainsi des démonstrations et des ateliers dans les écoles primaires et secondaires. Mentor pour la chambre de commerce locale, elle guide également les jeunes entrepreneurs dans la mise sur pied de leur projet.

www.rachelgrenon.com

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Les créations préférées de Rachel Grenon restent sans doute ses grandes assiettes, qui lui servent de canevas pour explorer à fond la combinaison de couleurs et de formes.