La quête du matelas de ses rêves peut facilement virer au cauchemar. Ce n'est pas simple de choisir entre le polyuréthane, le latex, la mousse mémoire ou la laine. Tel matelas est-il véritablement écolo? Ce commerçant m'oriente-t-il en fonction de mes besoins personnels ou de sa promotion du week-end? Que de moutons à compter, en ces heures d'insomnie...

Carole Thibaudeau LA PRESSE

Une valeur sûre: allez magasiner chez des spécialistes. «Nos employés suivent une formation de quatre à six semaines, 40 heures par semaine, avant de commencer à conseiller un client dans le choix d'un matelas», affirme François Lefebvre, directeur des ventes chez Matelas Bonheur.

À moins de dormir debout comme Pôpa et Môman dans La petite vie, vous devrez littéralement essayer les matelas qu'on vous propose. Après s'être enquis de votre poids et de votre position de sommeil, le spécialiste suggérera plusieurs modèles. Si vous dormez sur le ventre, par exemple, on ne vous conseillera jamais un matelas souple. Si vous dormez sur le côté, le matelas ne doit pas être trop rigide, afin de minimiser la pression exercée sur les hanches et les épaules.

«Étendez-vous 15 minutes sur le lit, au magasin, dans votre position de sommeil, préconise M. Lefebvre. Cependant, n'oubliez pas que l'oreiller joue un grand rôle dans le confort global. Il faut aussi essayer des oreillers.»

Jean-Nicolas Tremblay, de chez Hästens Montréal, recommande de s'informer de la composition réelle du matelas. «Si l'étiquette indique soie, cachemire, latex ou mousse viscoélastique, demandez au vendeur si on trouve ces matériaux en proportion significative, dit-il. Essayez de distinguer la qualité réelle et l'argument de marketing. Le nombre de ressorts, par exemple, présente des variations peu significatives d'un modèle à l'autre.»

Matelas de soya?

Que penser de la présence de soya, un élément écolo souvent mis de l'avant dans la composition du matelas? «La mousse du matelas est constituée principalement de produit pétrolier, explique François Lefebvre. Toutefois, remplacer une partie de cette matière première par des extraits de soya constitue un geste écologique. Il est impossible de mettre plus de 8 à 12% d'extrait de soya - dépendant de la densité -, si on veut conserver la performance de la mousse. Ça ne donne pas un matelas biologique, mais ça compte pour la planète.»

Naturels et synthétiques

Avec l'évolution, chaque matériau a ses «pour» et ses «contre», soutient Jean-Nicolas Tremblay. Le latex, arrivé dans les années 30, a remplacé les matériaux naturels - laine, coton, crin de cheval, paille. En réduisant le temps de main- d'oeuvre, il a fait chuter les prix. S'il ne contient pas de ressorts, il ne produit pas de vibrations, ce qui peut être bienvenu dans un lit à deux occupants. Le bémol: sa durabilité est moindre que celle des matériaux naturels. «On distingue le latex Dunlop - le plus courant - et le Talalay, de qualité supérieure», précise-t-il.

Puis est arrivé la mousse de polyuréthane, 100% synthétique, «moins chère encore que le latex, et moins durable».

Du côté des ressorts, on les dit «ensachés» lorsqu'ils sont insérés dans de petites pochettes et indépendants les uns des autres. L'avantage majeur: le second dormeur du lit ressent moins les mouvements du premier. L'usure du matelas, cependant, sera moins bien répartie.

Étiquetage

La Loi fédérale sur l'étiquetage exige que les fabricants inscrivent, sur l'étiquette cousue au matelas, la nature et le pourcentage des fibres du tissu de recouvrement. Pour le contenu intérieur, la Loi provinciale sur le rembourrage demande que la nature des matériaux de rembourrage figure sur une autre étiquette. Vérifiez au magasin la présence de ces étiquettes.

Un dossier paru dans le magazine Protégez-vous, en mars 2007, sous la plume de Chantal Gagnon, passe en revue les pièges reliés à la recherche du matelas idéal. Le magazine rappelle que la densité (en livre par pied cube) d'une mousse de polyuréthane ou viscoélastique (ou «mousse mémoire», qui reprend sa forme initiale) est un critère de qualité très important, garant de la durabilité; qu'un format grand (Queen) doit contenir au moins 500 ressorts (en une seule couche). On y apprend que le coût de la fibre de polyuréthane a monté en flèche à la suite des dommages infligés par l'ouragan Katrina (en 2005), ce qui a conduit certains fabricants à la remplacer par la fibre de polyester, qui se tasse plus rapidement.

Le matelas minutieusement choisi vous déçoit dès les premières semaines? François Lefebvre affirme que la plupart des détaillants offrent la «garantie confort, c'est-à-dire la possibilité d'échanger le matelas dans les 90 jours après l'essai».

www.matelasbonheur.ca

www.literielaurier.com

www.hastensmontreal.com

www.greensleep.ca

www.zedbed.com

www.tempurpedic.ca