Reconnu pour sa beauté et sa durabilité depuis des lustres, le marbre est revenu parmi les tendances au dernier Salon du meuble de Milan. Ici aussi, cette pierre naturelle connaît aussi un nouvel engouement.

Mis à jour le 28 mai 2007
Marc Allard
Marc Allard LE SOLEIL

Reconnu pour sa beauté et sa durabilité depuis des lustres, le marbre est revenu parmi les tendances au dernier Salon du meuble de Milan. Ici aussi, cette pierre naturelle connaît aussi un nouvel engouement.

 À la boutique Ciot (anciennement Atlas), un des plus importants vendeurs de la capitale, le marbre gagne en popularité depuis près de quatre ans. «Les gens veulent des matériaux durables. La population vieillit. Les gens ont plus de sous pour se gâter», constate Gianni Mazaro, propriétaire de la succursale québécoise de cet importateur canadien.

 Le marbre est de plus en plus utilisé pour les revêtements de plancher, les salles de bains, les cuisines, les tables de conférence, l'habillement de foyer, les tours de bain, les tablettes de châssis, les seuils de porte. «C'est une roue qui tourne, dit M. Mazaro, les décorateurs sont portés à en mettre plus, et en en mettant plus, on en parle plus, ça fait de l'autopublicité.»

 Le marbre est conseillé partout où l'on veut ajouter un brin d'élégance. Mais il ne l'est pas où les risques d'égratignures et de taches sont grands. Par rapport au granit, par exemple, le marbre est une pierre naturelle très poreuse. C'est pourquoi les spécialistes le déconseillent pour les comptoirs de cuisine et les tables de travail, où des objets tranchants sont employés et où certains aliments acides provoquent sa détérioration.

 "Moi, je compare ça à des belles bottes en suède. C'est beau, mais c'est pas utile !" dit Gianni. Pour parer aux taches, il est toutefois possible d'appliquer du scellant. Bien qu'elles soient plus difficiles à faire disparaître, les égratignures peuvent être effacées en polissant le marbre.

 Les boulangers et les pâtissiers, qui se soucient moins de l'apparence, exploitent le marbre comme table de travail, puisque c'est une pierre stérile : les bactéries ne peuvent pas s'y reproduire.

 Malgré sa porosité, le marbre reste populaire pour sa beauté. Il se décline en une grande variété de couleurs et de veinures qui dépendent du type de terre et de minéraux caractérisant l'endroit où il a été extrait.

 Les marbres proviennent surtout des pays au climat plus chaud comme le Mexique, la Grèce, la Turquie, l'Italie, l'Espagne, l'Inde, le Pakistan. Mais on le trouve aussi dans des régions plus tempérées comme la Belgique, l'Irlande, le nord-est de la Chine ou le Colorado, aux États-Unis.

Les prix

 Son prix a longtemps freiné les ardeurs des amateurs. Or, par rapport à celui de plusieurs autres matériaux, il n'a presque pas augmenté depuis 20 ans, puisque les nouvelles technologies ont abaissé les coûts de production, estime M. Mazaro.

 Chez Ciot, le marbre se vend entre 10 $ et 75 $ du pied carré et, s'il est usiné, entre 30 $ et 350 $. Le prix varie en fonction de la rareté de la pierre. Le marbre le plus connu et le plus vendu, le bianco carrara (blanc avec des veines grises), se vend à environ 30 $ le pied carré, selon l'épaisseur et la finition désirées : luisant, mat, brûlé, mouchardé.

 Pour un comptoir en marbre de 40 pieds carrés, il faut débourser entre 2000 $ et 3000 $, estime Jean-René Dubois, conseiller au magasin Château Marbre et Granit.

 Selon ce dernier, un nombre croissant de gens ajoutent du marbre non seulement pour rehausser la valeur de leur maison, mais pour la vendre plus facilement. «Si vous saviez le nombre de gens qui arrivent ici et vont nous dire : "Je veux mettre ma résidence à vendre, je voudrais mettre de la pierre naturelle", dit-il, vous seriez surpris !»

 

Photo Steve Deschênes, Le Soleil

Par rapport au prix de plusieurs autres matériaux, celui du marbre n'a presque pas augmenté depuis 20 ans.