Avec la popularité croissante des sites de petites annonces en ligne, magasiner des articles usagés n’a jamais été autant à portée de main. À quoi ressemble la chasse au trésor seconde main en 2021 ? La Presse en a fait l’expérience.

Catherine Handfield
Catherine Handfield La Presse

Anjelika Jangazina a emménagé dans son premier condo — un lumineux quatre et demi dans le quartier Rosemont — à la fin du mois de mai. Dans le salon, elle n’a qu’un divan, une lampe sur pied, une étagère IKEA et une télé dont elle veut se débarrasser. Et dans la salle à manger, une petite table noire et deux chaises, trouvées sur le bord de la rue.

C’est vide. Elle veut le meubler, mais elle n’a pas l’intention de courir dans une grande surface. « Il y a tellement de meubles qui existent déjà et dont les gens se débarrassent », dit Anjelika, qui a fondé une entreprise offrant ateliers et conférences pour apprendre à réduire ses déchets.

Si la jeune femme de 30 ans opte pour le seconde main, c’est pour réduire son empreinte écologique, d’une part, et ses dépenses, de l’autre. « C’est beaucoup moins cher, résume-t-elle. Et souvent, on peut trouver des choses de meilleure qualité que ce qu’on trouve en magasin. » Son budget pour meubler la pièce double de son condo est d’environ 1500 $.

Un coup de main

Comme il s’agit de la section Inspiration (quand même !), nous avons approché deux filles passionnées de décoration vintage : Isabelle Clément et Stéphanie Finjean. La première tient le blogue De la ruelle au salon, et la seconde, la page Facebook Ambiance rétro vintage. Le duo a l’habitude de chasser les trésors seconde main : il déniche des annonces intéressantes sur Marketplace (la plateforme de petites annonces de Facebook) et sur Kijiji et les envoie à ses abonnés Patreon sur une base régulière.

Les deux filles ont accepté d’aider Anjelika. Elles lui ont demandé de leur envoyer des photos de chez elle et des photos de décors à son goût.

PHOTO FOURNIE PAR ISABELLE CLÉMENT

Stéphanie Finjean et Isabelle Clément

Anjelika aime les tons neutres, naturels. Isabelle Clément lui suggère de vendre ses bancs de comptoir noirs ainsi que son lustre, trop moderne pour l’ambiance qu’elle souhaite créer. Elle lui conseille d’opter pour des bancs de comptoir plus pâles et plus légers et pour un lustre en osier ou en macramé. Une table ronde dans la salle à manger serait aussi de mise.

Anjelika a mis son gros divan (qu’elle tient à garder) au centre de la pièce pour créer une séparation. L’espace étant petit, Isabelle conseille de le déplacer contre le mur et de mettre un tapis pâle au sol. Il faudrait aussi troquer les stores verticaux pour un voilage blanc.

Le point de départ

  • Anjelika a placé son divan au centre de la pièce.

    PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

    Anjelika a placé son divan au centre de la pièce.

  • Le salon

    PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

    Le salon

  • La salle à manger

    PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

    La salle à manger

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PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Tous les coussins, usagés, ont été nettoyés et mis à la sécheuse.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Après un sablage et un traitement à l’huile, la table a retrouvé son lustre.

Anjelika acquiesce à toutes ces suggestions. La recherche peut commencer. Les filles nous avertissent : les belles offres partent vite.

Recherches et récompenses

Premier constat : si vous voulez réduire votre temps d’écran, ce sera pour une autre fois. La recherche de meubles usagés en ligne est prenante, presque obsédante. L’algorithme de Facebook comprend rapidement ce qu’on cherche et fournit proposition sur proposition. Les articles défilent à l’infini. On veut trouver LE beau meuble au bon prix. Le circuit de récompense du cerveau s’active.

  • Le luminaire en osier, payé 250 $, tombe au-dessus de la table ronde.

    PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

    Le luminaire en osier, payé 250 $, tombe au-dessus de la table ronde.

  • Lampes suspendues

    PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK

    Lampes suspendues

  • Rideau IKEA

    PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK

    Rideau IKEA

  • Une table à dîner

    PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK

    Une table à dîner

  • Deux chaises IKEA

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    Deux chaises IKEA

  • Trois cache-pots

    PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK

    Trois cache-pots

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Après plusieurs suggestions de table, Anjelika arrête son choix sur une table en bois, ronde, affichée à 60 $. Une vraie table rétro, qui retrouve son lustre après un petit coup de sablage et un traitement à l’huile. Isabelle repère aussi des chaises blanches IKEA de style vintage à 20 $ l’unité.

Anjelika va aussi chercher dans le nord de la ville un imposant lustre en osier repéré par Stéphanie. Il est neuf, mais très légèrement abîmé. Anjelika le négocie à 250 $ (ce modèle est vendu 449 $ plus taxes sur le site de CB2). Ce sera la pièce maîtresse de la salle à manger. Pour le salon, on trouve un luminaire blanc très simple (10 $). Stéphanie repère aussi deux tabourets en bois (2 pour 10 $), qu’on teint en blanc.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Anjelika a un faible pour sa suspension en osier, payée 15 $.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

La table de salon

Pour le tapis du salon, maintenant, les critères sont précis : on le veut pâle et au moins aussi large que le divan. On cherche, on cherche, on cherche (avec l’envie irrépressible de courir chez IKEA). Puis, Stéphanie repère une annonce en ligne depuis quelques minutes seulement. Un tapis moucheté, en laine, « neuf », de la bonne taille, à seulement 50 $.

Il est un peu foncé, mais on le réserve quand même. Comme la vendeuse dit avoir plusieurs autres demandes, on paie tout de suite par virement Interac et on va le chercher deux jours plus tard à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Entre-temps, on découvre que ce même tapis de laine de marque Tisca, fabriqué à la main en Transylvanie, se détaille à 3885 euros (5710 $). Notre circuit de récompense s’enflamme !

Le tapis est à la hauteur de nos attentes : en excellent état. La vendeuse, qui n’est visiblement pas au fait du trésor qu’elle a entre les mains, explique que l’ancien propriétaire de sa maison le lui a légué et qu’elle n’en veut pas. Avant de le rentrer à l’intérieur, on l’inspecte attentivement pour s’assurer qu’il est propre. Pour diminuer le risque d’avoir des punaises de lit, l’idéal serait de le faire nettoyer à la vapeur chaude.

Anjelika repère aussi une petite étagère blanche (10 $), des voilages blancs (6 pour 15 $) et, sur les conseils de nos décoratrices, une suspension pour le salon (15 $). Isabelle et Stéphanie aimeraient beaucoup trouver un tapis rond pour mettre sous la table de la salle à manger, mais nos recherches sont vaines. Trouver des articles précis peut prendre du temps. Entre-temps, Anjelika opte pour un tapis crème rectangulaire (35 $).

  • Tout, sur cette image, est de seconde main.

    PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

    Tout, sur cette image, est de seconde main.

  • Deux cadres avec affiches

    PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK

    Deux cadres avec affiches

  • Table de salon

    PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK

    Table de salon

  • Tapis

    PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK

    Tapis

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Les décoratrices ont mille et une propositions pour égayer la pièce, mais Anjelika est difficile à convaincre : elle veut un décor très minimaliste. Pour les besoins de la photo, elle consent à ce qu’on décore un peu (c’est la section Inspiration, non ?). Stéphanie repère une petite table basse (15 $), un coussin abstrait (20 $), des couvre-pots en tissus (3 pour 20 $) et deux toiles neuves vendues par une étudiante en graphisme (2 pour 60 $). Elle trouve aussi, dans des friperies, des coussins (qu’on nettoie avec soin), un miroir et d’autres accessoires pour une bouchée de pain.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Anjelika a payé sa petite étagère blanche 10 $.

Deux semaines plus tard, la pièce double est fin prête. Somme dépensée ? 600 $. Anjelika aime la nouvelle disposition des meubles, les couleurs pâles, la combinaison de la table et des chaises, mais elle pense redonner le lustre en osier (la vendeuse est d’accord) et ne pas prendre le tapis non plus. Au moment du shooting, elle avait d’ailleurs déjà acheté un autre tapis, de moins grande valeur mais qui lui plaît davantage. « C’est un autre avantage du seconde main : si on aime moins, on revend », dit-elle.

P. -S. : Ne soyez pas inquiets pour le luxueux tapis brun : Isabelle Clément s’est fait un bonheur de l’adopter.

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