Cultiver les plantes d’intérieur est l’une des tendances de l’heure. Chaque mois, nous mettons en lumière une plante qui donnera du style à votre décor.

Isabelle Morin Isabelle Morin
La Presse

La plante Zamioculcas zamiifolia, de son nom botanique exotique, est d’une résilience à toute épreuve. Très peu gourmande en eau et en lumière, elle tolère des conditions extrêmes, mis à part le froid. Elle est aussi très peu sujette aux maladies et présente peu d’intérêt pour les insectes. Aussi bien dire qu’en cas d’échec avec ce spécimen, l’étape suivante serait probablement d’opter pour une plante artificielle ! Peut-être est-ce d’ailleurs la raison pour laquelle on la retrouve dans un certain magasin de meubles suédois…

Il y a 15 ans, le journaliste horticole Larry Hogdson est tombé sur cette plante aux allures de petit palmier le long d’un sentier en Indonésie. La plante, fascinante par son feuillage luisant, était alors introuvable au Québec. C’est en récupérant une feuille tombée du faux zamier d’un collègue de bureau qu’il a fini par avoir le sien quelques années plus tard. « J’ai tout simplement planté cette foliole dans du terreau. Rares sont les plantes qui peuvent se reproduire de cette façon », relève-t-il. Sa plante fait aujourd’hui 75 cm de hauteur et 60 cm de largeur.

Une résiliente

PHOTO TIRÉE DU SITE D’IKEA

Impossible à trouver il y a quelques années, on voit maintenant le faux zamier un peu partout dans les jardineries, et même chez IKEA.

Pour en avoir le cœur net sur sa spectaculaire résistance, Larry Hogdson a placé son faux zamier dans un coin du sous-sol, sans lumière et sans eau. Après sept mois de supplice, la plante a fini par y laisser l’ensemble de son feuillage… pour renaître de ses cendres une fois abreuvée.

Si elle peut survivre dans des conditions arides comme en Afrique, d’où elle est originaire, ou encore dans le sous-sol d’un horticulteur tortionnaire, c’est en grande partie grâce à ses tubercules semblables à des pommes de terre. La plante y emmagasine des réserves d’eau et de sucre dans lesquelles elle puise par temps moins cléments.

« C’est vraiment une plante pour les nuls », conclut Larry Hogdson, qui a inscrit le faux zamier dans le top 5 de ses plantes d’intérieur favorites. Ce qui n’est pas peu dire considérant que l’expert publie cet automne une nouvelle édition de son livre Les plantes d’intérieur, ouvrage dans lequel il aborde les soins de base de plus de 1000 végétaux pour la maison.

Une plante parfaite ? Presque ! Ceux qui apprécient les fleurs seront en effet déçus par sa floraison, intrigante, mais peu esthétique. Brune ou beige et en forme d’épis, la fleur du faux zamier pousse à sa base. Il faut donc la chercher ! Elle compense toutefois amplement ce manque d’attrait par ses folioles lustrées et robustes qui gardent leur prestance même en cas de négligence.

PHOTO TIRÉE DU SITE WIKEMEDIA COMMONS

Discrète, la fleur du faux zamier se dissimule à sa base.

Exposition

« Aucune plante n’aime l’ombre, mais certaines la tolèrent. C’est son cas. Elle peut donc être placée presque n’importe où dans la maison », indique Larry Hogdson.

Arrosage

Quand son terreau est sec, environ toutes les deux semaines. La pire chose à faire est d’ailleurs de l’arroser à outrance.

Rempotage

Au début du printemps

Multiplication

Par boutures de feuilles ou par division

Attention !

Comme beaucoup de plantes d’intérieur, le faux zamier est toxique. Il faut donc le garder hors de portée des jeunes enfants et des animaux.

Le saviez-vous ?

Le faux zamier ne s’apparente au zamier, qui est lui-même proche parent du conifère, que par sa nomenclature et son apparence. Il ne ressemble à aucun autre membre de sa famille, les aracées.

Où le trouver

Impossible à trouver il y a quelques années, on le voit maintenant un peu partout dans les jardineries.