Monter une décoration sympathique peut rapidement mener à des factures volumineuses. À petit budget, est-ce possible ? Bien sûr ! C’est même la spécialité de la styliste et blogueuse Stéphanie Guéritaud, qui a des centaines de pistes à proposer. À notre invitation, elle a ciblé des articles et des idées à exploiter lors d’une petite séance de chinage auprès de deux enseignes abordables aux philosophies radicalement opposées : Renaissance et Dollarama.

Sylvain Sarrazin Sylvain Sarrazin
La Presse

Renaissance, main heureuse et bonne cause

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

En bon état malgré une vilaine tache et l’absence de revêtement, cette table pliante d’occasion vendue 9,75 $ pourrait être restaurée avec du vinyle.

Le premier volet de notre matinée de magasinage a lieu dans l’une des succursales des friperies Renaissance, un organisme à but non lucratif qui remet en circulation à très bas prix des articles d’occasion tout en favorisant l’insertion professionnelle. Un choix gagnant pour la conscience socio-environnementale. On y trouve beaucoup de vêtements, ainsi qu’un roulement d’objets et de meubles usagés en tous genres. Il faut ainsi patience, rapidité et main heureuse, mais en fouillant régulièrement, on parvient parfois à extraire, entre une statuette kitsch et une vieillerie culinaire, des idées intéressantes et très abordables, surtout si l’on est prêt à leur appliquer un peu de peinture et beaucoup d’amour.

L’insoutenable mobilité des meubles

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On trouve beaucoup de vaisselle, dont des services à thé qui ne sont pas inesthétiques. 
Avec de la chance, on peut trouver des ensembles. Attention à l’état, toutefois.

Certains aiment la pêche à la truite, Stéphanie Guéritaud préfère celle aux meubles. Mais comme sur les plans d’eau, il y a des jours et des saisons, les friperies connaissant une rotation de stocks continue. Le jour de notre passage, il n’y avait pas grand-chose à se mettre sous la dent ; une grande malle très fatiguée (24 $), quelques chaises ordinaires… jusqu’à ce qu’une table ronde pliante attire l’œil de la styliste, puisqu’elle en parlait justement dans un article récemment paru dans nos colonnes. « C’est la table idéale pour assurer la distanciation en ce moment et facile à entreposer quand on n’en a plus besoin », rappelle-t-elle, suggérant de recouvrir celle-ci, cédée à 9,75 $, de vinyle pour lui redonner une seconde jeunesse. Elle propose aussi de chercher les objets et petits meubles en rotin, une matière très tendance.

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Vases et verres sont très communs dans les friperies et brocantes. Pourquoi les acheter neufs alors qu’on les trouve facilement dans ces magasins ?

Refaire la vaisselle

Petit tour d’inspection au rayon vaisselle, où la blogueuse inspecte les choix du jour. Impasse sur les pots Mason, mais quelques ensembles attirent son attention, comme de belles assiettes vertes (5,75 $) ou un service à thé avec des ornements jolis et raffinés (1,75 $ pièce). « On peut faire des trouvailles avec des motifs intéressants ou une simple bande de couleur, qui peuvent aussi faire de beaux cadeaux de Noël, comme des bougies si on les retravaille. Par contre, l’ennui avec les ensembles, c’est qu’ils sont parfois incomplets », note-t-elle, précisant que c’est aussi le moment de renflouer verres et vases, avec des formes épurées.

Idées lumineuses ?

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Les luminaires n’ont pas énormément emballé Mme Guéritaud, qui a néanmoins considéré cette rampe en cuivre brossé, à prix modique et tout de même plus belle que des rails classiques.

Magasiner des lampes dans une friperie, une stratégie brillante ? Là aussi, c’est aléatoire. La styliste écarte les luminaires mammaires (les fameux boob lights) dont « tout le monde veut se débarrasser » pour considérer une rampe cuivrée (4,75 $), « plus belle que des rails habituels, avec un côté vintage ». Plus ou moins convaincue, elle évoque plutôt la piste des assemblages. « On pourrait simplement acheter une lampe pour le pied et remplacer l’abat-jour, souvent laid ou taché, ou en acheter plusieurs de différentes formes et les repeindre de la même couleur », dit-elle en saisissant une lampe dorée à 15 $ qui trouverait sa place chez quelqu’un qui a un habitat de style Art déco.

Pour cadrer avec la déco

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Les illustrations sont rarement intéressantes. En revanche, les cadres, de toutes les tailles, peuvent facilement se récupérer ou être repeints pour confectionner de superbes murs avec ses propres images ou photographies.

S’il y a bien un endroit où cela vaut la peine de venir pour dénicher des cadres, c’est bien dans les friperies comme Renaissance, quitte à les retravailler à son goût, souligne Stéphanie Guéritaud. Là aussi, on joue avec les formes pour composer mentalement un mur de cadres avant de faire son choix. « L’illustration se remplace facilement, on peut tous les repeindre ou jouer avec les couleurs présentes. Ici, on peut faire un rappel avec le filet doré », montre-t-elle en harmonisant deux cadres (3,75 $ pièce), dénichant aussi une demi-douzaine de pièces assorties qui feraient un très bel ensemble une fois les affichettes substituées.

De belles tranches littéraires

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Certaines bibliothèques sont assoiffées de livres. Il est pourtant simple de les abreuver avec de beaux ouvrages pas chers, si l’on se donne la peine d’inspecter les étagères.

« Souvent, chez les gens, je vois des bibliothèques sans livres. C’est pourtant très simple à garnir et ça fait beau. Il faut qu’ils soient intéressants, aussi », dit-elle en farfouillant dans les étagères, pour en extraire un livre de déco neuf, un peu daté, mais encore sous film plastique. Elle met aussi la main sur plusieurs beaux livres (photographie, stylisme, etc.) à mettre en valeur sur une table à café. À 3,75 $, l’addition ne sera certainement pas salée.

Rubriques à brac

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Utiliser de la peinture recyclée n’est pas une mauvaise idée. Le choix des couleurs n’est pas aussi étendu que dans le neuf, mais les teintes retenues peuvent être intéressantes.

En flânant au gré des rayons, d’autres idées émergent : des jeux de cintres en bois qui, dans une entrée, auront pas mal plus de classe que leur équivalent en plastique ; des pots de peinture Boomerang (de 15 $ à 21 $ pour 3,78 L), recyclée et offerte en 10 couleurs, dont « rose millénium », prisé ces dernières années ; articles pour les décos saisonnières, comme Noël, où cocottes et guirlandes illuminées se dénichent à vil prix.

Une D(éc)ollarama ? Pas en priorité, mais quelques idées

  • Les boîtes en métal, aux diverses teintes, n’ont pas déplu à la styliste.

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    Les boîtes en métal, aux diverses teintes, n’ont pas déplu à la styliste.

  • Ces petits pots en verre avec des couvercles en bambou présentent une certaine sobriété.

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    Ces petits pots en verre avec des couvercles en bambou présentent une certaine sobriété.

  • Toujours en métal, des paniers à rangement peuvent être pratiques, sans être laids.

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    Toujours en métal, des paniers à rangement peuvent être pratiques, sans être laids.

  • Un effort de design a été fait pour les bols proposés en rayon.

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    Un effort de design a été fait pour les bols proposés en rayon.

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Les Dollarama et autres « magasins à une piastre » ont leurs adeptes, mais aussi leurs détracteurs. Stéphanie Guéritaud, qui mise plutôt sur le durable et le réutilisable, préfère la fréquentation de brocantes et de friperies à celle des vitrines à marchandise chinoise bon marché. « Mais on y trouve parfois des objets déco vendus ailleurs 10 fois le prix, pour des choses similaires et de même provenance », concède-t-elle. Nous avons fait un tour en rayon pour séparer le bon grain de l’ivraie.

De bambou et de métal

On trouve là un autre monde de contrastes, où bon et mauvais goût se côtoient. La styliste déco repère d’emblée certains articles correspondant au premier, sobres et fabriqués de métal, de verre et de bambou : des boîtes en aluminium pour biscuits ou aliments aux jolies couleurs, qui feraient bel effet sur une étagère (de 2,50 $ à 4 $) ; de petits pots en verre avec couvercle de bambou (3 $) ; des bols transparents ou des ensembles à café. « C’est simple, il n’y a ni marque ni logo, et c’est intemporel », considère Mme Guéritaud, qui brandit également une balayette en bambou et métal à 4 $, plus élégante que le plastique habituel.

Ne pas se planter

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En ce qui a trait aux plantes, le plastique n’est pas fantastique, selon la blogueuse.

Certains ne jurent que par les fausses plantes à 4 $ de la chaîne pour monter leur étagère stylée, mais la blogueuse fait l’impasse, les jugeant trop artificielles, et préférerait plutôt faire sécher de véritables branches d’eucalyptus. En revanche, elle ne déteste pas les pots de jardin métalliques patinés (4 $), épousant la tendance campagnarde (farm house). « C’est plus durable que l’équivalent en plastique qu’on trouverait trois rangées plus loin. Avec un bouquet de fleurs, le côté vieillot va bien avec un décor Shabby Chic », explique-t-elle, pointant aussi l’utilité des ronds de mousse à disposer au fond des pots pour planter des branches.

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Pour une déco de style farm house, on peut considérer ces pichets en métal aux airs campagnards qui pourront accueillir des bouquets de fleurs.

Idées pour chambre d’ado

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Un petit afficheur lumineux style cinéma à 4 $. 
Paraît-il que les ados en raffolent.

Au rayon chambre et décoration, quelques inspirations pour chambre d’ado émergent, comme ce mini-tableau à message lumineux, imitant les vieux affichages de cinéma. « Toutes les jeunes filles veulent ça dans leur chambre. Ici, on l’a en miniature pour 4 $ », remarque la styliste, brandissant aussi des panneaux adhésifs de tableau noir de 2 m sur 40 cm, où l’on peut écrire à la craie, à 4 $ également — plus pratique que de peindre un mur. Et ces aphorismes en lettres noires à apposer sur pan blanc ? Les citations proposées ne l’ont pas convaincue.

Pour les bricoleurs

  • Une planchette à clip qui semble peu esthétique a priori. En les multipliant et en les recouvrant 
d’une matière plus élégante, on peut monter un mur de photos ou d’images original.

    PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

    Une planchette à clip qui semble peu esthétique a priori. En les multipliant et en les recouvrant 
d’une matière plus élégante, on peut monter un mur de photos ou d’images original.

  • Des matières premières peuvent être acquises pour confectionner soi-même des objets de décoration.

    PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

    Des matières premières peuvent être acquises pour confectionner soi-même des objets de décoration.

  • Un petit pot avec une housse en dentelle, qui pourrait être utilisé dans le cadre d’un mariage à petit budget, par exemple.

    PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LAPRESSE

    Un petit pot avec une housse en dentelle, qui pourrait être utilisé dans le cadre d’un mariage à petit budget, par exemple.

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La section consacrée au bricolage peut constituer un réservoir abordable pour les férus du fait maison (DIY, soit Do-It-Yourself) : dentelles, corde de jute, vinyles, papiers à dessin. Une idée lancée par la styliste : se procurer des planchettes à clip (1,50 $), masquer cet horrible carton par un revêtement plus élégant et en faire un mur pour y disposer ses photos ou illustrations.

Dans un autre ordre d’idées, pour les mariages à petit budget, on peut dresser des tables avec des petits éléments décoratifs, comme des pots en verre ornés de dentelle. Les plateformes de petites annonces, par exemple Kijiji ou Marketplace de Facebook, peuvent réserver de belles surprises abordables et étendent la durée de vie des produits.

D’autres pistes

Il ne s’agit que de deux exemples retenus pour l’expérience, de nombreux autres existent : Les Petits Frères, Village des valeurs, l’Armée du salut, les magasins « à 1 $ » indépendants… Libre à chacun de choisir les commerces qui répondent le plus à ses valeurs et besoins.

Misez sur les régions ! Stéphanie Guéritaud indique que les brocantes et friperies y sont encore mieux garnies, surtout en meubles.

Le blogue de la styliste regorge d’idées en tous genres pour des décos à petit budget. N’hésitez pas à le consulter. C’est gratuit !

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