Dans son appartement du quartier Saint-Roch, des visages fugitifs se détachent de ses toiles. Ses masques, eux, sont exposés au fond, dans la pièce qui lui sert d'atelier et de bureau. Le plus gros a l'air tout rouillé. Il est fait d'acier corten, un matériau qui oxyde en surface, mais qui résiste à l'hiver et aux intempéries. Devant la gare du Palais, l'imposante sculpture de Charles Daudelin est fabriquée de ce même acier à l'alliage de cuivre.

Michèle LaFerrière
Michèle LaFerrière LE SOLEIL

Dans son appartement du quartier Saint-Roch, des visages fugitifs se détachent de ses toiles. Ses masques, eux, sont exposés au fond, dans la pièce qui lui sert d'atelier et de bureau. Le plus gros a l'air tout rouillé. Il est fait d'acier corten, un matériau qui oxyde en surface, mais qui résiste à l'hiver et aux intempéries. Devant la gare du Palais, l'imposante sculpture de Charles Daudelin est fabriquée de ce même acier à l'alliage de cuivre.

D'autres «Maskaciés» de l'artiste originaire de Saint-Marc-des-Carrières.

M. Langlois est diplômé de la Maison des métiers d'art depuis 2002. «On est de passage sur terre, a-t-il laissé tomber. Je voulais laisser une trace avec mes sculptures.» Il dit ça, comme pour justifier le fait qu'à 36 ans, il est un novice dans le milieu de l'art. Il a son bac en psychologie, il a travaillé en service social dans des maisons de jeunes, il a voyagé. Mais il attendait plus de la vie.

«J'ai eu un déclic à 28 ans, le jour où un ami m'a tendu un morceau de pierre à savon en m'invitant à le sculpter», raconte l'artiste originaire de Saint-Marc-des-Carrières. De fil en aiguille, il a créé suffisamment d'oeuvres pour se permettre d'exposer au Bal du lézard, à Limoilou. «J'en ai vendu quatre d'un coup», poursuit-il. Son destin venait de basculer.

Il affirme créer «spontanément», stimulé par des retailles d'acier récupérées dans des «cours à scrap», qui ont l'air de nez et qu'il sculpte en forme de visage. «J'aime l'idée de redonner une deuxième vie à l'acier, confie-t-il. Et puis, l'acier, c'est rough, ça se transporte bien et c'est moins fragile que le bois.»

Depuis l'obtention de son diplôme, il a fabriqué une cinquantaine de masques qu'il appelle ses Maskaciés. Il lui en reste une quinzaine, les autres ayant trouvé leur place dans des collections privées partout au Québec, ainsi qu'en Europe et à Porto Rico.

Ses oeuvres ont beau lui rapporter un salaire, il reste que l'artiste doit arrondir ses fins de mois. Il travaille ainsi pour le sculpteur Jean-Pierre Morin. Le jeune homme et quelques collègues réalisent en format réel les maquettes que leur soumet M. Morin. L'une d'elles orne la façade de la Grande Bibliothèque, à Montréal.

Quand il veut se changer les idées, il peint, il sculpte le bois, la neige... Et il caresse un projet de retour à l'université, pour une maîtrise en sculpture.

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La boutique Alliage, dans l'escalier Casse-cou du quartier Petit-Champlain, possède des masques de Stéphane Langlois. Vous pouvez aussi le joindre chez lui, au 418-524-4250.