Vaporeusement lumineuse dans son déshabillé vert tendre, elle attire le regard au jardin. J'ai découvert la magnifique asperge à feuilles fines il y a une quinzaine d'années au Jardin d'Osiris, à Saint-Thomas-de-Joliette. Le propriétaire Serge Fafard l'avait obtenue à la suite d'un échange avec le Jardin botanique de Montréal et avait réussi à la reproduire sur une petite échelle. Il en offre depuis à sa clientèle.

Pierre Gingras LA PRESSE

À ma grande surprise, lors du dernier Rendez-vous horticole du Jardin botanique de Montréal, la belle asperge occupait une place de choix au kiosque de la Pépinière Villeneuve, de l'Assomption. L'entreprise a décidé récemment de se lancer dans la production de la plante sur une grande échelle à des fins de ventes en gros (ou au détail sur place). D'ailleurs, l'asperge décorative a obtenu un prix lors de la grande rencontre.

 

Asparagus tenuifolius, de son nom scientifique, est splendide. Son feuillage abondant et vaporeux est plus délicat encore que celui d'Asparagus officinalis, celle que l'on cultive pour la cuisine. Elle semble identique, ou presque, à l'asperge utilisée par les fleuristes dans leurs bouquets.

Connue aussi en Europe sous le nom d'asperges à feuilles étroites ou ténues ou encore, d'asperge sauvage, Asparagus tenuifolius est originaire du bassin de la Méditerranée et pousse à l'état sauvage dans plusieurs pays notamment en Turquie, en Italie, dans le sud de la France, mais aussi en Suisse et en Autriche. La plante est protégée à plusieurs endroits.

Dans mon jardin, elle croît dans un endroit mi-ombragé, sous un grand érable de Norvège, dans un terreau enrichi chaque année et arrosé régulièrement en raison de la présence de l'arbre. Elle est rustique en zone 3. Les tiges se mangent mais je n'ai jamais tenté l'expérience pour leur permettre justement de prendre de l'ampleur. Le plant atteint autour d'un mètre et fait 1,5 m de largeur. Il se marie bien avec les fougères et hostas. Plante dioïque, les sujets femelles produisent des petits fruits rouges en août, une production qui semble toutefois irrégulière d'une année à l'autre.

On pourra donc se procurer la beauté vaporeuse dans les centres de jardin qui auront obtenu la plante, à la pépinière Villeneuve ou encore chez Osiris. Incidemment, le jardin de démonstration chez Osiris vaut à lui seul le déplacement. La visite est gratuite.

Le brugmansia du «Petit Roi»

La vidéo sur le brugmansia de Jean-Pierre Ferland parue à la mi-mai sur notre site www.montoit.ca a attiré plus de 15 000 amateurs de jardinage lors de sa première diffusion. Certains ont d'ailleurs fait parvenir des questions sur la plante.

C'est le cas de Diane Gauthier qui a fait l'acquisition d'un brugmansia l'an dernier.

«Chez Botanix, on m'a dit de le couper à 30 cm du sol, de le rentrer à l'intérieur, de le traiter comme une plante d'intérieur ordinaire et de le replanter dans le jardin année après année. Le plant de M. Ferland n'a manifestement jamais été coupé! Si on entrepose la plante à l'intérieur, au froid (7ºC), sans la tailler, doit-on l'arroser?» demande-t-elle.

Les brugmansias sont des plantes extraordinaires en raison de leurs fleurs gigantesques et de leur parfum sublime qui se manifeste en fin de journée. Le hic, c'est l'entreposage hivernal. Ils poussent rapidement et deviennent souvent trop encombrants pour être hivernés à la maison. Effectivement, le brugmansia de Jean-Pierre Ferland n'a pas été taillé. Voilà donc pourquoi, il a dû élargir sa porte de garage et aménager la pièce pour lui assurer un bon hivernage. Il faut le faire!

Couper le plant à 30 cm du sol m'apparaît trop radical, surtout si vous voulez avoir un arbuste de belle taille l'année suivante. Il ne faut jamais hiverner le plant à la chaleur même si vous avez l'espace approprié. Faute de lumière adéquate, il devrait perdre ses feuilles de toute façon. Le feuillage est aussi très vulnérable aux insectes, notamment aux pucerons qui peuvent rapidement devenir un cauchemar insurmontable. Oui, il faut arroser de temps à autre le terreau durant l'hiver, sinon votre plante risque de se déshydrater et de mourir.

Ces arbustes sont vendus dans la plupart des centres de jardin. À ce temps-ci, il vaut mieux se procurer un plant déjà en fleurs.

LE TOUR DU JARDIN

L'amaryllis se fait attendre

La photo était exceptionnelle, fidèle d'ailleurs à ses caractéristiques. Je vous ai présenté Hippeastrum striatum en janvier 2009, une amaryllis vivace originaire du Brésil qui fleurit trois fois par année. J'ai finalement réussi à obtenir 10 bulbes provenant du Surinam mais transitant par la Floride. Plusieurs lecteurs ont aussi fait affaire avec la même maison américaine. Les bulbes ont été livrés au début d'avril. Ils étaient petits mais ont pris beaucoup d'envergure depuis et ont actuellement la même taille qu'un bulbe «adulte». Mais ils n'ont jamais fleuri jusqu'à maintenant. Le plus étrange, c'est que même le bulbe que l'on m'a donné en cadeau à l'époque, et qui a déjà donné des fleurs à son propriétaire d'origine, n'a rien fait depuis. Je sais, on me dira de faire preuve de patience. Voilà donc 15 mois que j'attends. Les plants ont été attaqués à quelques reprises par la cochenille à carapace mais je ne crois pas que l'insecte soit en cause. Je fais donc appel aux lecteurs qui ont suivi mon exemple afin de savoir ce qui arrive avec leur lis des Barbades, selon le nom de la plante en anglais.

Un répulsif contre les taupes

Fort utile dans la nature parce qu'elle mange une foule d'insectes et autres bestioles considérés comme nuisibles (limaces, larves de hannetons, escargots, etc.), la taupe peut devenir un véritable cauchemar. La bête creuse d'innombrables tunnels sous le gazon et le terreau d'excavation sert à former des monticules sur la pelouse. Elle demeure active toute l'année même si l'hiver, c'est surtout sous la ligne de gel qu'elle évolue. Le problème, c'est que la taupe à queue velue, de son nom scientifique, est très difficile à extirper ou à chasser de son territoire. Toutefois, The Liquid Fence Company, une firme de la Pennsylvanie, a mis au point l'an dernier un nouveau produit qui semble donner de bons résultats. Il a d'ailleurs obtenu un des Green Thumb Award 2009 de la Mailorders Gardening Association qui vise à souligner la qualité de certains produits en vente par catalogue, l'association étant un regroupement de firmes possédant des comptoirs postaux qui vendent du matériel horticole de toute nature. Le Mole Repellent Worms (traduction littérale: vers répulsifs à taupes) est un produit alimentaire correspondant au goût des taupes. Une fois ingurgité, il perturbe sérieusement leur système digestif, ce qui oblige l'animal à rechercher sa nourriture ailleurs. J'ignore si le produit est offert dans les centres de jardin du Québec mais on peut l'obtenir facilement par courrier en cliquant: www.liquidfence.com. Vous serez aussi en mesure de constater que la maison fabrique également des répulsifs contre les cerfs de Virginie, les lapins à queue blanche, les chiens, les chats, les bernaches, les canards, les dindons sauvages et même les serpents... mais pas les écureuils.

La Fédération canadienne de la faune suggère pour sa part de planter du ricin et d'imbiber le sol avec de l'huile de ricin diluée dans l'eau, une solution qui sera versée autour des tunnels et des monticules. Les taupes ne traverseront pas la barrière. On pourra aussi faire une lisière semblable tout autour du terrain en fin d'automne. L'organisme suggère en outre de placer une bouteille d'eau gazeuse vide près d'un trou. Le bruit du vent sur le goulot ferait fuir l'animal, fait-on valoir, une affirmation qui me laisse sceptique.

Des cactus à la belle étoile

Le Centre d'interprétation de la flore désertique présente sa collection extérieure de cactus et de plantes grasses, des dizaines de plants regroupés selon leurs continents d'origine (Afrique, Amérique du Sud et Amérique duNord). On y trouvera notamment des euphorbes de 5 m, en plus de cactus aux formes inimaginables. Chaque spécimen est bien identifié. La visite est libre. On pourra aussi faire une visite guidée au prix de 5$ par personne (minimum six visiteurs), suivie d'une dégustation de cactus. Plusieurs activités gratuites sont aussi au programme de fin de semaine au cours de l'été. Le centre est administré par Cactée, une entreprise à but non lucratif, située sur le site de la pépinière Cactus fleuri, au 1850, rang Nord-Ouest. On s'y rend par la route 20, sortie 120 vers Sainte-Madeleine. On tourne à gauche sur la route 116. On peut suivre la signalisation touristique bleue. Pour plus d'informations: www.cactusfleuri.com ou 450-795-3383.