Parfois, on découvre une plante qui n'a aucun droit d'être rustique sous un climat aussi froid que le nôtre, mais qui se montre plus résistante qu'on ne l'aurait imaginé... et c'est bien le cas du crocosmia «Lucifer» (Crocosmia «Lucifer»).

Mis à jour le 24 avr. 2007
Larry Hodgson
Larry Hodgson COLLABORATION SPéCIALE, LE SOLEIL

Parfois, on découvre une plante qui n'a aucun droit d'être rustique sous un climat aussi froid que le nôtre, mais qui se montre plus résistante qu'on ne l'aurait imaginé... et c'est bien le cas du crocosmia «Lucifer» (Crocosmia «Lucifer»).

Le genre Crocosmia (autrefois Montbretia) vient de l'Afrique du Sud, plus reconnue pour des plantes résistantes à la chaleur qu'au froid; mais à l'époque glaciaire, les montagnes de ce pays étaient couvertes de neige l'hiver et même envahies de glaciers. Il faut croire qu'un peu de résistance au froid a persisté chez les crocosmias, car plusieurs résistent au froid.

Ce sont des plantes à cormus (un organe souterrain semblable à un bulbe) très proches parents des glaïeuls (Gladiolus), dont le feuillage long, pointu et plissé est d'ailleurs presque identique. «Lucifer», un hybride développé en Angleterre en 1966 par le regretté hybrideur Alan Bloom (mort l'an dernier à l'âge de 98 ans), a hérité de plus de résistance au froid que la plupart des crocosmias, car l'un de ses parents est C. paniculata, rarement offert commercialement, mais qui serait le plus rustique du genre.

Une apparence saisissante

«Lucifer» est rapidement devenu le plus populaire des crocosmias presque partout dans le monde, car ses fleurs tubulaires rouge feu s'ouvrant en cinq lobes et portées en grand nombre sur une tige florale arquée sont très voyantes. C'est aussi le plus hâtif des crocosmias, fleurissant en juillet (la plupart des autres fleurissent à la fin de l'été ou même à l'automne) et l'un des plus grands, mesurant de 1 à 1,5 m de hauteur. Que les colibris l'adorent ne fait qu'ajouter à son charme.

Une culture étonnamment facile

La rusticité de «Lucifer» dans notre région est surtout attribuable à l'excellente couverture de neige dont nous profitons: en effet, il n'est pas rustique à Montréal. Donc, dans les emplacements où la couverture de neige n'est pas fiable, il faut bien le pailler à l'automne. Il lui faut aussi du soleil, beaucoup de soleil. À la mi-ombre, la plante est moins haute, moins florifère et plus tardive. Un bon drainage est requis, notamment l'hiver.

Côté fertilisation, elle aime bien un sol riche et des applications régulières de compost ou d'engrais à dégagement lent peuvent être utiles. Enfin, vous pouvez couper son feuillage quand il jaunit. De préférence, on le fait au printemps, car la présence des feuilles, même mortes, aide à la protéger du froid. «Lucifer» se multiplie tout seul par drageons: transplantez-les au printemps, quand leur feuillage pointe. On le vend sous forme de «bulbes» secs au printemps mais aussi en pot, déjà en croissance. Les plants produits par bulbes peuvent tarder à fleurir la première année, mais prendront le rythme des saisons locales dès la deuxième année.

Où le voir?

Vous verrez «Lucifer» dans plusieurs jardins privés et publics de la région. Il y en a notamment une très belle talle dans l'Arboretum du Bois-de-Coulonge.