Les avantages et vertus du jardinage sont connus depuis longtemps, mais plus que jamais, mettre ses mains à la terre et en récolter les fruits, légumes et autres petits trésors fait du bien.

Isabelle Morin Isabelle Morin
La Presse

Écouter le chant des oiseaux et observer leurs danses à proximité sont parmi les plaisirs simples de l’été. « C’est une réelle passion pour moi, confie l’horticulteur Larry Hodgson, amateur d’ornithologie depuis l’enfance. Pour me faire plaisir, mon père m’amenait voir les oiseaux migrateurs à Pointe-Pelée, en Ontario [d’où il est originaire]. J’aime toujours la musique et les couleurs que les oiseaux mettent dans mon jardin. En les observant, on apprend à les découvrir et à les apprécier encore plus. »

Tous les oiseaux sont intéressants, selon Larry Hodgson, même s’il avoue avoir un faible pour les espèces colorées comme le chardonneret, le cardinal et le geai bleu. Le jardinage et l’ornithologie, dit-il, sont deux plaisirs qui cohabitent. En effet, la nature fournit un habitat pour les oiseaux qui, en retour, enrichissent la terre de leurs fientes et aident à contrôler les populations d’insectes.

Certains milieux permettent naturellement cette cohabitation parce qu’ils répondent aux besoins de base des petits visiteurs, qui sont de boire, de se nourrir et de s’abriter. En ville, toutefois, des aménagements sont souvent nécessaires afin de leur fournir un environnement accueillant et sécuritaire. Dans tous les cas, la végétation est le moyen le plus efficace de satisfaire leurs besoins. Et plus elle est diversifiée, plus elle attire une variété d’oiseaux.

Un jardin comme garde-manger

Les frugivores sont attirés par les arbres et arbustes fruitiers — bleuetier, amélanchier, sorbier, prunier, etc. —, tandis que les granivores se tournent vers les plantes à graines, comme le tournesol, l’échinacée, la rudbeckie ou les graminées.

Si planter des arbres et des arbustes n’est pas toujours possible dans les petits jardins, des mangeoires font aussi l’affaire des granivores. Chaque espèce a ses préférences pour se sustenter. Afin d’éviter le gaspillage, il vaut donc mieux servir une seule variété de graines par mangeoire que de se tourner vers les mélanges commerciaux qui en comptent plusieurs, car les oiseaux rejettent celles qu’ils apprécient moins. Les centres jardins proposent également des mangeoires à plusieurs compartiments qui permettent de séparer les graines.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE

Si planter des arbres et des arbustes n’est pas toujours possible dans les petits jardins, des mangeoires font aussi l’affaire des granivores.

« Les oiseaux sont présents l’été, mais il y en a à l’année. Les espèces varient simplement selon les saisons », précise l’ornithologue amateur, en suggérant d’installer des mangeoires en hiver afin de pouvoir continuer à observer les oiseaux qui ne nous quittent jamais ou ceux qui migrent du nord vers nos hivers plus doux, comme c’est le cas pour les mésanges. Le meilleur moment pour installer des mangeoires se situe d’ailleurs entre septembre et mai, indique l’équipe d’Espace pour la vie, alors que la nourriture est moins abondante.

Des refuges végétaux

Les bêtes à plumes ne trouvent pas qu’à se nourrir dans nos jardins : arbres et arbustes servent aussi de nichoirs, d’aires de repos et de refuge en cas de danger. Des végétaux de hauteurs, variétés et formats divers permettent de répondre aux besoins spécifiques de plusieurs espèces.

Même les arbres morts ne doivent pas être systématiquement coupés. Ils servent de perchoirs. Des oiseaux choisissent d’y faire leur nid. Les pics, notamment, en ont vraiment besoin.

Larry Hodgson

Les nichoirs du commerce sont une option pour les citadins, mais très peu d’oiseaux les utilisent. « La plupart des modèles ont des ouvertures trop grosses qui laissent passer des oiseaux qu’on ne cherche pas forcément à attirer chez soi. Pour les mêmes raisons, on choisit un nichoir sans perchoir. » Préférez les végétaux indigènes qui attirent des oiseaux d’ici, conseille-t-on sur le site internet d’Espace pour la vie. Les espèces introduites, comme le moineau domestique et l’étourneau sansonnet, accroissent la concurrence pour les ressources au détriment des nicheurs indigènes.

Consultez le site d’Espace pour la vie

Une zone d’eau

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Ce bassin sur pied saura attirer les petits baigneurs.

Les oiseaux ont besoin d’un point d’eau pour s’abreuver et faire leur toilette. Les commerces proposent une variété de fontaines et des bassins sur pied, ou suspendus, mais une assiette remplie d’eau fait aussi l’affaire, selon l’horticulteur, car une toute petite quantité d’eau suffit à les combler. Disposez les abreuvoirs et baignoires dans les endroits dégagés. Les oiseaux seront ainsi moins craintifs.

La menace du félin

Votre chat, aussi mignon soit-il, est un redoutable prédateur. La solution la plus évidente est de le garder à l’intérieur ou de l’attacher au jardin, suggère Larry Hodgson. Autre option, les « catios », ces aires de jeux pour chats, qui sont adoptés par certains propriétaires pour limiter les déplacements de leur animal à l’intérieur d’un périmètre. Si cette idée vous semble cruelle, une clochette accrochée au collier de votre félin ou une collerette devrait tempérer ses ardeurs de chasseur, quoique bien des chats finissent par trouver une façon de chasser malgré tout.

Autre menace : vos fenêtres. Pour limiter les risques de collision, installez-y des voilages ou des moustiquaires. Les mangeoires devraient aussi être situées à moins de trois mètres ou à plus de six mètres d’une fenêtre. Ainsi, les oiseaux auront moins de puissance au moment de leur envol ou plus de recul pour éviter l’obstacle.

Le colibri : fascinant oiseau insecte

PHOTO TIRÉE DE L’INTERNET

Colibri à gorge rubis

D’une taille oscillant entre 6 et 20 cm, le colibri, ou oiseau-mouche, est une intrigante petite créature ailée dont le nid fait environ les dimensions d’une pièce de 2 $. À l’instar des insectes, il pollinise les plantes et se nourrit de leur nectar grâce à son long bec. Il est d’ailleurs le seul oiseau pollinisateur du Québec.

Il recherche les fleurs et a un faible pour celles du chèvrefeuille, du pommier, des gadelliers, des rosiers, de la digitale pourpre et de la lobélie cardinale. Mais il ne dédaigne pas les abreuvoirs remplis de liquide sucré. Comme les colibris sont des oiseaux d’habitudes, ils reviennent toujours aux mêmes endroits. Pour s’assurer de leur présence durant tout l’été, il faut les attirer tôt en installant les abreuvoirs dès la mi-mai.