La pandémie a bouleversé plusieurs habitudes. Depuis un an, Philippe Côté travaille dans sa salle à manger. Ce ne sera plus le cas lorsqu’il emménagera dans sa nouvelle maison à Saint-Jérôme, à la fin de l’été prochain, avec sa conjointe et leurs enfants respectifs. L’habitation, non encore construite, comportera une pièce au rez-de-chaussée qui pourra faire office de bureau.

Danielle Bonneau Danielle Bonneau
La Presse

« Le modèle de la maison m’a séduit, indique-t-il. Le futur bureau est bien situé, à l’avant, avec une belle fenestration. Il ne fera pas partie de la cuisine. J’ai hâte de pouvoir me concentrer ! »

Il habite à Joliette et sa conjointe, à Saint-Jérôme. La flexibilité du télétravail, appelé à perdurer en partie, leur permet de devancer leurs plans. « Cela change la donne, souligne-t-il. Je travaille en informatique et je peux très bien le faire à distance. »

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Depuis un an, Philippe Côté travaille dans sa salle à manger. La maison que sa conjointe et lui font construire, à Saint-Jérôme, comportera un bureau au rez-de-chaussée. Il pourra fermer la porte pour se couper du bruit et de l’activité ambiants.

La pandémie a un autre effet, moins positif : les délais de construction ont explosé. « Nous avons signé le contrat d’achat en novembre, et la maison sera prête en août ou septembre prochain, révèle-t-il. Il faut être patient. Cela me donne le temps de vendre ma maison. »

La dernière année a apporté son lot de surprises, constate Joanie Levasseur, directrice des ventes du Groupe Trémä, qui construira la demeure de deux niveaux de Philippe Côté et de sa conjointe. « On a surtout constaté des changements à l’automne, dévoile-t-elle. La demande pour les maisons unifamiliales à Saint-Jérôme est devenue tout d’un coup plus importante. Les gens, principalement de Montréal et de Laval, ont moins peur de s’éloigner, à cause du télétravail. Certains ont aussi récemment immigré et ne voient pas de problème à prendre le train de banlieue. Ils sont habitués. »

Les acheteurs, par ailleurs, ne cherchent plus les maisons les plus petites possible, qui coûtent moins cher, constate-t-elle. Ils désirent dorénavant des cuisines spacieuses. « Ils passent plus de temps à la maison et cuisinent plus, précise-t-elle. Ils désirent conserver cette façon de vivre. »

La grandeur de la maison est devenue plus importante, tout comme l’aménagement d’un bureau fermé au rez-de-chaussée.

Joanie Levasseur, directrice des ventes du Groupe Trémä

Auparavant, 1 client sur 10 ou sur 15 optait pour un modèle avec un bureau au rez-de-chaussée. Un des modèles du Groupe Trémä, le Pigalle, est un cottage de 1739 pi2, comportant une pièce fermée de 103 pi2 à la gauche de l’entrée. Or, depuis l’automne, 1 client sur 3 souhaite s’isoler pour travailler. « Avant, les gens s’installaient devant la télé avec une tablette sur les genoux, précise Mme Levasseur. C’était un loisir et ils ne voulaient pas être à l’écart. Mais maintenant, beaucoup veulent un endroit où travailler sans être dérangé. Ils n’ont pas le choix. »

En septembre dernier, le Groupe Trémä a donc proposé un deuxième modèle, le Balavoine, qui comporte un bureau un peu moins spacieux (76,5 pi2) au rez-de-chaussée, mais isolé de la salle de bains. C’est le modèle qui a séduit Philippe Côté et sa conjointe. Ils ont demandé d’agrandir la cuisine afin d’y intégrer un îlot. « J’en ai un actuellement, qui est assez grand, précise ce dernier. J’aime cuisiner. C’est important de ne pas se sentir à l’étroit. »

Déterminer ses besoins

Les gens passent beaucoup de temps ensemble depuis un an, mais ce temps n’est pas nécessairement de qualité, indique Jean-François Aubry, directeur général du Groupe 3R, spécialisé dans la conception et la réalisation de cuisines et de salles de bains.

« Ils désirent que les pièces centrales deviennent des lieux de partage et que chacun ait aussi sa propre bulle, constate-t-il. Ils veulent une cuisine spacieuse avec un grand îlot et beaucoup d’espace de rangement, et un bureau aménagé pour travailler. Le meuble secrétaire placé dans un coin de la cuisine, au milieu de toute l’activité, ne convient plus. »

  • Un couple a acheté un bungalow des années 1960, à Brossard, et a confié au Groupe 3R le soin d’abattre des murs pour aménager une cuisine spacieuse.

    PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

    Un couple a acheté un bungalow des années 1960, à Brossard, et a confié au Groupe 3R le soin d’abattre des murs pour aménager une cuisine spacieuse.

  • Les gens se réapproprient l’espace en fonction de leurs besoins, constate Jean-François Aubry, directeur général du Groupe 3R, contacté par des clients pour métamorphoser leur maison datant des années 1960.

    PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

    Les gens se réapproprient l’espace en fonction de leurs besoins, constate Jean-François Aubry, directeur général du Groupe 3R, contacté par des clients pour métamorphoser leur maison datant des années 1960.

  • Le sous-sol de la maison à Brossard a aussi été transformé par le Groupe 3R. Deux bureaux, dont celui-ci, ont été aménagés.

    PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

    Le sous-sol de la maison à Brossard a aussi été transformé par le Groupe 3R. Deux bureaux, dont celui-ci, ont été aménagés.

  • Dans la même maison, à Brossard, le salon est beaucoup plus accueillant qu’avant.

    PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

    Dans la même maison, à Brossard, le salon est beaucoup plus accueillant qu’avant.

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Il cite en exemple sa sœur, à Sainte-Adèle, qui a converti les deux chambres de ses enfants, au rez-de-chaussée, en bureaux pour son mari et elle. Les jeunes ont maintenant leur chambre dans le sous-sol.

« Les gens se réapproprient l’espace en fonction de leurs besoins, note-t-il. Certains redécouvrent des pièces qu’ils n’utilisaient pas avant, comme le sous-sol. D’autres se font plaisir. C’est le cas de clients à Saint-Bruno, qui se retrouvent seuls dans leur grande maison après le départ de leurs enfants et qui ont décidé de la rénover plutôt que d’aller en condo. Ils ne veulent pas être confinés dans un appartement. Ils se rendent compte qu’ils ont une belle maison, bien située. Chacun va avoir sa propre salle de bains. »

Le budget alloué aux rénovations augmente au même rythme que le prix des résidences, fait-il remarquer.

Les rénos ne sont plus considérées comme un passage obligé ou un luxe. Elles sont vues comme une nécessité et un investissement, qui donnera de la valeur à une habitation.

Jean-François Aubry, directeur général du Groupe 3R

« Beaucoup de clients posent des questions et veulent encourager des compagnies québécoises, ajoute-t-il. Ils sont très sensibles à cela. »

Il est témoin de l’exode de familles et de jeunes couples, qui quittent Montréal pour acheter des maisons (moins chères) en banlieue, qu’ils adaptent à leurs goûts et leurs besoins. Depuis un an, les délais pour effectuer des travaux se sont allongés, à cause de retards dans la livraison de certains produits, mais aussi parce que l’industrie roule à plein régime et qu’il y a une pénurie d’employés qualifiés. « Ce qui prenait deux ou trois mois pour tout planifier et lancer les travaux prend maintenant quatre, cinq ou six mois », révèle M. Aubry.

Heureux en banlieue

ILLUSTRATION CUISINES BERNIER, FOURNIE PAR AUDREY GRAVEL

Pour rénover leur cuisine, Audrey Gravel et Olivier Morin ont retenu les services de Cuisines Bernier, à Québec, qui a élaboré cette proposition. Les travaux iront de l’avant l’été prochain.

Audrey Gravel et Olivier Morin travaillent tous les deux à Québec. Ils se félicitent d’avoir acheté leur maison à Lac-Beauport, en 2018, avant qu’une folie immobilière s’empare de nombreux citadins désirant s’établir en banlieue de la Capitale-Nationale. « Les maisons se vendaient avant au prix de l’évaluation, indique Mme Gravel. Aujourd’hui, une maison évaluée à 435 000 $, comme la nôtre, se vend 100 000 $ et même 150 000 $ au-dessus de l’évaluation. »

Le couple, qui attend son premier enfant, n’a pas du tout l’intention de vendre son terrain de 26 000 pi2, en partie boisé. Il compte par contre rénover la demeure construite en 1984, qui compte trois chambres à l’étage et une au sous-sol. Or, ces temps-ci, c’est plus facile à dire qu’à faire.

  • Audrey Gravel et Olivier Morin ont rafraîchi la cuisine depuis qu’ils ont emménagé dans leur maison, construite en 1984. Ils sont prêts à porter un grand coup et à transformer la pièce.

    PHOTO FOURNIE PAR AUDREY GRAVEL

    Audrey Gravel et Olivier Morin ont rafraîchi la cuisine depuis qu’ils ont emménagé dans leur maison, construite en 1984. Ils sont prêts à porter un grand coup et à transformer la pièce.

  • Audrey Gravel et Olivier Morin ont cédé à l’attrait de la banlieue et ne le regrettent pas du tout. Leur maison, construite en 1984 et rattachée à un garage aux briques assorties, est entourée d’arbres.

    PHOTO FOURNIE PAR AUDREY GRAVEL

    Audrey Gravel et Olivier Morin ont cédé à l’attrait de la banlieue et ne le regrettent pas du tout. Leur maison, construite en 1984 et rattachée à un garage aux briques assorties, est entourée d’arbres.

  • Audrey Gravel et Olivier Morin se félicitent d’avoir acheté leur maison à Lac-Beauport, en 2018. Ils comptent effectuer d’importants travaux au cours des prochains mois. Heureusement, ils ne sont pas pressés.

    PHOTO FOURNIE PAR AUDREY GRAVEL

    Audrey Gravel et Olivier Morin se félicitent d’avoir acheté leur maison à Lac-Beauport, en 2018. Ils comptent effectuer d’importants travaux au cours des prochains mois. Heureusement, ils ne sont pas pressés.

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« Nous avons commencé à faire des appels au début de novembre pour obtenir des soumissions, pour rénover la cuisine et deux salles de bains, explique Audrey Gravel. Des entreprises ne nous ont jamais rappelés. Cela a pris quatre mois, mais nous avons enfin nos plans, et les commandes sont passées. C’est ma première expérience. J’ai beaucoup aimé voir les différentes possibilités pour rajeunir un vieux décor. »

Son conjoint, très manuel, effectuera une bonne partie des travaux de démolition et de rénovation, qui se feront en deux phases. Heureusement, ils s’y sont pris à l’avance et ils ne sont pas pressés. Leur nouvelle vie avec bébé dictera aussi le rythme des travaux...

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