(New York) L’agence d’évaluation financière S&P Global Ratings a relevé vendredi la note de l’Ukraine à CCC+ et acté ainsi les effets positifs du rééchelonnement de sa dette à court et moyen terme, après un accord avec un groupe de ses créanciers.

Publié le 19 août
Agence France-Presse

La nouvelle note se situe trois crans au-dessus du défaut de paiement et caractérise néanmoins une situation de « vulnérabilité », le débiteur dépendant « de conditions économiques, financières et entrepreneuriales favorables pour honorer ses engagements », selon la nomenclature de S&P.

Jeudi, l’agence Fitch avait pris une décision similaire, en haussant de deux crans, à CC, la note du pays.

Après l’annonce de cette restructuration, S&P avait, dans un premier temps, abaissé la note du pays à « SD » ou « selective default » (défaut sélectif), pour intégrer le fait que l’Ukraine ne respecterait pas les conditions initiales de remboursement.

Fin juillet, ses dirigeants ont obtenu d’un groupe de créanciers le report du versement d’intérêts et principal sur des échéances de dette prévues en 2022 et 2023. Selon S&P Global Ratings, les sommes à acquitter durant les deux prochaines années, d’ici septembre 2024, ont ainsi été réduites de 40 %, de 16 à 10 milliards de dollars.

Parmi les créanciers parties à cet accord figurent les États-Unis, l’Allemagne, la France, le Japon et le Royaume-Uni.

En vertu de cet accord, « le risque » que l’État ukrainien manque de liquidités ou ne parvienne pas à honorer les échéances existantes « paraît gérable », estiment les analystes de l’agence d’évaluation.

Pour autant, demeure « un degré élevé d’incertitude concernant l’évolution du conflit » entre l’Ukraine et la Russie, qui a envahi la première le 24 février, rappelle S&P, qui table sur une contraction du produit intérieur brut (PIB) ukrainien de 40 % cette année.

Pour faire face à ses besoins de financement, qui se montent à environ 5 milliards de dollars par mois selon l’agence, le gouvernement ukrainien s’est appuyé sur l’aide étrangère, dont environ 13 milliards lui ont déjà été versés, ainsi que sur des émissions de dette, en grande partie souscrites par sa propre banque centrale.

Cette intervention de la banque centrale ukrainienne présente le risque d’accélérer l’inflation et de mettre sous pression le cours de la hryvnia, la devise du pays, souligne S&P.