(Londres) Liz Truss, qui aspire à succéder à Boris Johnson à la tête du parti conservateur et du gouvernement britannique, s’en prend à la culture du travail de ses compatriotes, qui devraient « bosser plus », dans une conversation ayant fuité mardi.

Publié le 16 août
Agence France-Presse

« Il y a un problème fondamental dans le rapport au travail » au Royaume-Uni, affirme Mme Truss, ministre des Affaires étrangères du gouvernement sortant, dans cet enregistrement publié par le quotidien The Guardian sur son site internet.

« Si nous voulons devenir un pays plus riche et plus prospère, cela doit changer. Mais je ne pense pas que les gens soient prêts à le faire », ajoute-t-elle, dans cette conversation qui date selon le journal de l’époque où elle était numéro deux du Trésor, de 2017 à 2019.

Cet enregistrement a été dévoilé juste avant une réunion télévisée organisée par le Parti conservateur à Perth en Écosse, lors de laquelle Mme Truss et son dernier rival en lice pour la tête de la formation, l’ancien ministre des Finances Rishi Sunak, doivent répondre à des questions de militants.

En allusion notamment au vote du Brexit en 2016, Mme Truss remarque que « nous disons que c’est l’Europe qui provoque ces gros problèmes, que ce sont les immigrés ».

« Mais ce qu’il faut faire, c’est bosser plus. Ce n’est pas un message populaire », l’entend-on encore dire.

Pour elle, la productivité moindre des Britanniques résulte « en partie d’un état d’esprit et d’une attitude. C’est une question de culture du travail, en fait. En Chine, c’est très différent, je peux vous l’assurer ».

Contactée par l’AFP mardi, l’équipe de campagne de Mme Truss a n’a pas démenti l’authenticité de ces déclarations qui toutefois selon elle « manquent de contexte ».

« Il est nécessaire d’augmenter la productivité, qui aboutit à de meilleurs salaires et à une meilleure qualité de vie pour les salariés dans tout le Royaume-Uni », selon la même source.

La publication de l’enregistrement intervient au moment où Mme Truss et M. Sunak font campagne pour les suffrages des militants conservateurs quelque 200 000 –, qui ont jusqu’au 2 septembre pour choisir leur nouveau chef lors d’un vote par correspondance.

Le parti étant majoritaire au Parlement, le vainqueur deviendra premier ministre, succédant à Boris Johnson qui a démissionné début juillet après de multiples scandales. Mme Truss figure largement en tête des sondages. L’annonce du résultat est attendue le 5 septembre.