(Athènes) Le principal parti d’opposition de gauche Syriza a déposé jeudi une motion de censure contre le gouvernement conservateur grec sous le feu de critiques après le chaos provoqué par la neige à Athènes.

Publié le 27 janvier
Agence France-Presse

« Il est temps que vous partiez », a déclaré au parlement l’ex-premier ministre de gauche Alexis Tsipras à l’adresse du gouvernement de droite de Kyriakos Mitsotakis.

« Chaque heure qui voit le gouvernement rester au pouvoir, quatre à cinq citoyens perdent la vie » à cause du coronavirus, a fustigé le dirigeant de Syriza, accusant le gouvernement d’avoir échoué à la fois face à la pandémie et face à la tempête de neige.

De son côté le porte-parole du gouvernement Giannis Economou a qualifié la motion de censure « de tentative de l’opposition d’impressionner » l’opinion, « une démarche prévisible ».

Avec 157 députés sur 300 au parlement grec, la majorité du premier ministre Kyriakos Mitsotakis, au pouvoir depuis juillet 2019, repoussera selon toutes probabilités la motion de censure de Syriza.

Le vote devrait avoir lieu dimanche au terme de trois jours de débats parlementaires.

« Ce sera une très bonne occasion pour aborder tous les sujets », a affirmé Giannis Economou.

Le gouvernement est sous le feu des critiques pour sa réponse au « fiasco » sur le périphérique d’Athènes, où quelque 3500 automobilistes étaient restés bloqués à cause de la neige dans la nuit de lundi à mardi.

La vie à Athènes commençait à retrouver son cours normal jeudi, trois jours après la tempête de neige qui l’a paralysée.

Le périphérique Attiki Odos, qui encercle la ville et dessert l’aéroport international Elefthérios Vénizelos, a été rouvert à la circulation tôt jeudi matin, après des efforts « surhumains » déployés selon les responsables pour dégager quelque 3000 véhicules qui y étaient bloqués par la neige depuis lundi.

Après deux jours chômés décrétés par les autorités mardi et mercredi dans le but de maintenir les habitants chez eux, les commerces ont rouvert jeudi, mais les écoles et les administrations publiques sont restées fermées.

Dans plusieurs quartiers de la capitale, des équipes de la municipalité déblayaient la neige et les branches d’arbres arrachées par la tempête.

Le premier ministre Kyriakos Mitsotakis a présenté mercredi ses « excuses personnelles et sincères » pour le chaos provoqué par la tempête, affirmant que les « leçons » seraient tirées de cet évènement.

Le ministre de l’Énergie Costas Skrekas a déclaré que moins d’un millier de foyers restaient sans électricité jeudi dans la région du grand Athènes. Plus de 200 000 foyers et commerces avaient été privés de courant depuis le début de la tempête lundi.

La justice a ouvert une enquête pour identifier les responsables des problèmes sur les réseaux routier et électrique.

Un sans-abri est décédé à Thessalonique (nord) mardi, en raison d’une crise cardiaque attribuée aux températures glaciales.

Les conditions restaient difficiles jeudi dans les banlieues à l’est d’Athènes, où les habitants devaient faire face aux pannes d’électricité et aux pénuries d’approvisionnement pour une quatrième journée consécutive.

« Veulent-ils qu’on gèle à mort ? Nous n’avons ni chauffage ni nourriture. Ils devraient avoir honte. S’ils avaient la moindre décence, ils devraient tous démissionner », a déclaré à la chaîne publique ERT une habitante de la banlieue de Peania.

Sous pression, le PDG de la société Attiki Odos, Vassilis Halkias, a démissionné mardi soir. La société a promis 2000 euros de dommages et intérêts aux automobilistes bloqués sur ce périphérique à péage, long de 70 km.