(Paris) Le président Emmanuel Macron revient dans la revue La Règle du jeu, à paraître le 2 février, sur sa vocation contrariée d’écrivain, en expliquant qu’il a « peu osé » se faire lire.

Publié le 20 janvier
Agence France-Presse

Dans le numéro 75 de la revue fondée par Bernard-Henri Lévy, il répond, parmi 400 personnalités, à des questions comme « Comment lisez-vous ? » et évoque entre autres les mauvais livres qu’il aurait lus.

« Un mauvais livre est sans doute un livre qui n’était pas nécessaire », estime-t-il.

« Et donc, quel que soit l’auteur, quand j’ai ce sentiment, j’arrête de lire et j’abandonne l’ouvrage. C’est sans doute aussi pour cette raison que j’ai si peu osé rendre public ce que je pouvais écrire. S’il n’y a pas de nécessité, mieux vaut le silence », conclut-il.

PHOTO YOAN VALAT, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Le président français Emmanuel Macron quittant Illiers-Combray, à l’ouest de Paris, le 15 septembre 2021, après avoir visité le musée Marcel Proust.

M. Macron est l’auteur d’un seul ouvrage, son livre programmatique pour la présidentielle de 2017, Révolution (aux Éditions XO, 2016).

Mais il a fréquemment évoqué son amour de la littérature, transmis par sa grand-mère enseignante Germaine Noguès, et alimenté par celle qui allait devenir son épouse, Brigitte Trogneux, professeur de français dans son lycée d’Amiens. Celle-ci dit avoir souvent pensé qu’il finirait écrivain.

Un roman « osé »

Une biographie de Brigitte Macron en 2018 révélait qu’il avait rédigé à 16 ans un roman qui s’est perdu. Une voisine dactylographe qui l’avait dactylographié le qualifiait d’« osé ».

M. Macron avait aussi confirmé en 2015, à l’émission Envoyé spécial, avoir signé à 17 ans, comme l’affirmait un ancien condisciple, un roman picaresque situé dans l’Amérique précolombienne, qu’il a gardé pour lui.

Fin 2018, au sommet du G20 de Buenos Aires, il avait confié devant des écrivains : « J’écris tous les jours ».

Dans ce numéro de La Règle du jeu, le chef de l’État redit sa passion pour les romans de Gustave Flaubert, en particulier Madame Bovary. « Son exigence. Sa langue absolue » détaille-t-il.

Il cite également Stendhal (« Stendhal a changé ma vie »), Les Nourritures terrestres d’André Gide (« le livre de mon adolescence ») et René Char (« le poète qui m’a appris le plus sur l’indicible »).