(Vienne) L’Autriche va rendre obligatoire début février pour les adultes la vaccination contre le coronavirus, sous peine d’une forte amende, a indiqué dimanche le chancelier autrichien, Karl Nehammer, conscient du caractère « sensible » de cette première en Europe qui divise la société.

Publié le 16 janvier
Agence France-Presse

« Comme prévu, nous allons rendre la vaccination obligatoire début février » pour les plus de 18 ans, a indiqué à Vienne en conférence de presse le chef conservateur du gouvernement, qui dirige ce pays avec les écologistes.

Toute la semaine, des débats houleux ont eu lieu au Parlement concernant ce projet, alors qu’environ 71,5 % de la population dispose à ce stade d’un schéma vaccinal complet.

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Le chancelier autrichien Karl Nehammer

« C’est un projet sensible » mais « conforme à la Constitution », qui nécessite « une phase d’adaptation » permettant aux récalcitrants de se faire vacciner « jusqu’à la mi-mars », a-t-il détaillé.  

Environ 27 000 personnes manifestaient encore samedi dans la capitale autrichienne contre cette mesure controversée, accusée de bafouer les libertés individuelles.  

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Manifestation contre les restrictions sanitaires et la vaccination obligatoire à Vienne, le 8 janvier

« Après, des contrôles seront effectués » et ne pas être vacciné constituera un « délit » passible de « sanctions » financières variant entre 600 et 3600 euros, en cas de récidive.

Tous les non-vaccinés vont recevoir une convocation en vue de l’administration d’une première injection et ceux qui ne se présenteront pas recevront une amende après des relances. La loi prévoit jusqu’à quatre amendes par individu.

La police va être habilitée à effectuer des vérifications sur la voie publique.

Un temps envisagée, la vaccination des mineurs âgés de plus de 14 ans a été abandonnée et seuls les adultes seront concernés, a précisé le dirigeant en présentant le projet de loi, qui doit être adopté jeudi par le Parlement.  

Le passeport vaccinal s’impose dans un nombre croissant de pays pour certaines professions, catégories de population ou la pratique d’activités. Mais la vaccination anti-COVID-19 obligatoire pour tous demeure une exception.

Elle est entrée en vigueur en Équateur, au Tadjikistan, au Turkménistan, en Indonésie et en Micronésie.  

En Allemagne, un projet similaire, défendu par le nouveau chancelier social-démocrate Olaf Scholz, pourrait être débattu au Bundestag à la fin janvier.

Le gouvernement autrichien justifie cette mesure par l’engorgement des hôpitaux lié au variant Omicron et sa volonté d’arriver à un taux de vaccination de 90 %, permettant selon les conseils de ses experts d’atteindre une immunité collective.  

Il dispose d’une large majorité à la chambre : outre les conservateurs et les Verts, les cheffes des partis social-démocrate et libéral soutiennent le texte. Seule l’extrême droite y est opposée, au nom de la protection des libertés individuelles.

Des exceptions sont prévues pour les femmes enceintes, les personnes qui ne peuvent pas être vaccinées pour des raisons médicales et les personnes ayant contracté la maladie, considérées comme ayant les anticorps nécessaires durant 180 jours.

Dimanche, selon les chiffres du gouvernement, 5,8 millions des habitants de ce pays d’Europe centrale qui compte 7,4 millions de personnes éligibles à la vaccination disposaient d’un passeport vaccinal à jour.  

La loi est prévue pour être appliquée jusqu’au 31 janvier 2024 au plus tard.