(Athènes) L’eurodéputé grec Georgios Kyrtsos a déploré vendredi les poursuites pénales contre deux journalistes de son pays ayant enquêté sur l’affaire de corruption de la pharmaceutique suisse Novartis en Grèce, estimant que la mise en cause des journalistes « va nuire à l’image du pays dans l’UE ».

Publié le 14 janvier
Agence France-Presse

L’affaire Novartis a pris une tournure politique, la droite Nouvelle-Démocratie (ND) au pouvoir accuse le précédent gouvernement de gauche Syriza (2015-2019) d’avoir orchestré la révélation de cette affaire pour lui nuire en impliquant des hommes politiques conservateurs.

Kostas Vaxevanis, l’éditeur d’un journal grec très critique au gouvernement actuel, est poursuivi pour le crime « de manquement de devoir » et « participation à une organisation criminelle » et est convoqué devant la justice le 19 janvier, selon une source judiciaire.  

Mardi, la journaliste Gianna Papadakou avait été convoquée devant la justice après avoir été poursuivie pour le crime de « participation à un complot », selon une source judiciaire.

Pots-de-vin à des politiciens

Elle estime être poursuivie pour avoir enquêté sur des hommes politiques suspectés d’avoir reçu des pots-de-vin de Novartis.

« Peu importe qui a contribué à transformer le scandale Novartis en une chasse aux opposants politiques, les poursuites contre Vaxevanis et Papadakou vont nuire à notre image dans l’UE », a tweeté vendredi Georgios Kyrtsos, membre du groupe du Parti populaire européen (PPE) et l’un des eurodéputés de la ND.

La Grèce a perdu cinq places sur le classement mondial de la presse en 2020, selon Reporters sans frontières (RSF) se situant désormais à la 70e place sur 180 pays, derrière la Pologne et la Mongolie.

« La ND et Syriza doivent baisser le ton sur de la polémique concernant l’affaire Novartis et œuvrer pour exiger des compensations pour le pillage des fonds de l’État », a tweeté Georgios Kyrtsos.  

Le principal syndicat des journalistes d’Athènes a aussi condamné fin décembre les poursuites pénales contre Gianna Papadakou soulignant que le journalisme d’investigation est « un élément constitutif de la liberté d’information ».

Pour sa part l’organisation internationale d’investigation du crime organisé et de corruption (OCCRP) a indiqué dans un communiqué le 4 janvier que les poursuites pénales contre Papadakou « seraient un exemple de la raison pour laquelle la Commission européenne surveille de près la liberté de la presse en Grèce ».

« Le rapport 2022 de la Commission sur l’État de droit continuera d’accorder une attention particulière aux développements concernant la liberté de la presse et la sécurité des journalistes », a récemment déclaré Vera Yourova, vice-présidente de l’UE, citée par OCCRP.