(Londres) Le premier ministre britannique Boris Johnson a estimé jeudi que les gens ne devraient pas chercher à « réécrire » l’histoire, au lendemain de la relaxe de quatre personnes qui avaient déboulonné une statue d’un marchand d’esclaves à Bristol en Angleterre.

Publié le 6 janvier
Agence France-Presse

Le 7 juin 2020, trois hommes et une femme avaient renversé et jeté dans les eaux de l’Avon, fleuve qui traverse Bristol, la statue d’Edward Colston qui faisait controverse depuis des années.  

PHOTO GEOFF CADDICK, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Un tribunal britannique a innocenté Rhian Graham, Milo Ponsford, Jake Skuse et Sage Willoughby, qui étaient accusés d’avoir déboulonné une statue du marchand d’esclaves Edward Colston. Cette photo a été prise le 14 décembre 2021.

Cette action spectaculaire était survenue lors de manifestations provoquées par le décès de George Floyd, un Américain noir tué par un policier blanc aux États-Unis.

La relaxe mercredi de ces quatre personnes âgées de 22 à 33 ans qui avaient reconnu leur participation aux faits, mais avançaient que cette statue symbolisait un crime et que l’enlever ne constituait pas un délit, a suscité un vif débat au Royaume-Uni.

Interrogé par des journalistes, Boris Johnson a répondu qu’il ne voulait pas commenter une décision de justice particulière.

« Mais ce que je dirais, c’est que je pense que nous avons un héritage historique complexe autour de nous, et il reflète notre histoire dans toute sa diversité, pour le meilleur ou pour le pire », a ajouté M. Johnson, qui s’exprimait en marge d’une visite dans un centre de vaccination.  

« Ce qu’on ne peut pas faire, c’est chercher rétrospectivement à changer notre histoire, à la censurer ou la réécrire rétrospectivement », a déclaré le dirigeant conservateur.

« Si les gens veulent démocratiquement retirer une statue ou quelque chose d’autre, ça va. Mais je pense qu’en général, nous devrions préserver notre héritage culturel, artistique et historique », a-t-il encore dit.