(Bobigny) Une enquête a été ouverte sur « les faits de violences commis à l’intérieur » de l’assemblée électorale du polémiste d’extrême droite Éric Zemmour dimanche au Parc des expositions de Villepinte (Seine–Saint-Denis), a indiqué lundi le parquet de Bobigny.

Mis à jour le 6 déc. 2021
Agence France-Presse

Les investigations sont divisées en deux enquêtes : l’une porte sur des violences contre des militants de SOS Racisme présents lors de la première réunion publique de la campagne présidentielle de M. Zemmour, l’autre sur celles visant le candidat par un individu qui l’a empoigné avant son entrée en scène, a précisé le parquet.

Elles sont menées par la Sûreté départementale, qui analysera notamment les vidéos de ces deux séquences, diffusées sur les réseaux sociaux.

L’entourage d’Éric Zemmour a indiqué dans la soirée de dimanche qu’il souffrait d’une blessure au poignet, après avoir été agrippé par l’homme, aussitôt exfiltré puis interpellé par la police.

SAISIE D’ÉCRAN DE LA TÉLÉDIFFUSION DU DISCOURS D’ÉRIC ZEMMOUR, AGENCE FRANCE-PRESSE

Cette saisie d’écran agrandie permet de voir un homme sautant vers le candidat d’extrême droite Éric Zemmour, au moment où ce dernier traversait la foule pour se rendre à l’estrade prononcer le discours lançant sa campagne électorale, à Villepinte, près de Paris le dimanche 5 décembre.

La garde à vue de l’homme soupçonné de « violences avec préméditation » commises sur Éric Zemmour a été prolongée, a précisé le parquet dans un communiqué.

Des violences ont également éclaté au début du discours du candidat d’extrême droite lorsqu’une dizaine de militants de SOS Racisme présents dans le public ont dévoilé des T-shirts formant le slogan « non au racisme ».

Ils ont reçu des coups et ont été visés par des jets de chaises, selon la vidéo diffusée par l’association antiraciste.

Plusieurs courses-poursuites ont eu lieu à l’arrière de la salle pour les exfiltrer, dans une grande confusion. La situation est revenue au calme au bout d’une dizaine de minutes.

Un membre de la sécurité du candidat a évoqué « quelques militants antifas » exfiltrés, leur reprochant d’avoir voulu semer le trouble.

Des journalistes ont aussi été pris à partie lors de la réunion notamment l’équipe d’une émission d’information (Quotidien) », de la chaîne de télévision TMC, et deux journalistes du site d’information Mediapart qui ont été frappés derrière la tête.

Ces derniers ont déposé plainte lundi, selon un document consulté par l’AFP.

Au total 68 personnes ont été placées en garde à vue dimanche notamment pour « participation à un attroupement armé en vue de commettre des violences ou dégradations », « outrages » et « rebellions », a précisé le parquet de Bobigny. Lundi soir, seules six gardes à vue étaient prolongées.