(Vienne) Les Européens ont jugé mardi, au lendemain de la reprise des négociations sur le nucléaire iranien, que les prochains jours permettraient d’évaluer « le sérieux » des Iraniens et de prendre une décision sur la poursuite ou non des pourparlers.  

Publié le 30 nov. 2021
Agence France-Presse

« S’ils ne nous montrent pas qu’ils sont sérieusement engagés dans ce travail, alors nous aurons un problème », ont prévenu à Vienne des diplomates de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni (E3), trois des États parties à l’accord international de 2015. « Les prochaines 48 heures seront très importantes ».

Après la réunion formelle de lundi, des groupes d’experts ont commencé à plancher mardi sur la question délicate des sanctions américaines, avant d’aborder mercredi le volet des engagements nucléaires de Téhéran.

Si le coordinateur de l’Union européenne Enrique Mora s’était dit optimiste à l’issue de la session inaugurale, les diplomates européens se sont montrés plus mesurés : « nous n’avons ni poussé un soupir de soulagement », ni crié au désastre, a résumé l’un d’eux.

Sans vouloir fixer « une date butoir artificielle », « nous n’avons pas le luxe de nous livrer à des mondanités après avoir patienté pendant cinq mois », a-t-il poursuivi. « Il faut se mettre au travail […], accélérer les choses ».

Les diplomates ont dit espérer avoir « d’ici à la fin de la semaine une image plus précise », évoquant une possible « rupture » des négociations en l’absence d’avancées. « Il sera temps de reconsidérer notre approche diplomatique, mais nous n’en sommes pas encore là ».

L’accord de 2015, connu sous son acronyme anglais JCPOA, offrait à Téhéran la levée d’une partie des sanctions étouffant son économie en échange d’une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous un strict contrôle de l’ONU.

Mais les États-Unis ont quitté unilatéralement le pacte en 2018 sous la présidence de Donald Trump et rétabli les mesures punitives.

En retour, la République islamique, qui dément vouloir se doter de la bombe, a progressivement abandonné ses engagements.

Les États-Unis de Joe Biden, désireux de revenir dans l’accord, participent de manière indirecte à ces discussions, qui ont débuté en avril avant de s’interrompre en juin avec l’arrivée au pouvoir en Iran du président ultraconservateur Ebrahim Raïssi.

Au cours de ce cycle de pourparlers, « nous avons accompli 70 à 80 % du travail, mais il reste certaines des questions les plus complexes à régler », ont souligné les diplomates européens.