(Moscou) Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a reconnu mardi pour la première fois la péninsule ukrainienne de Crimée, annexée en 2014 par Moscou, comme étant russe et dit y prévoir prochainement un voyage officiel.

Publié le 30 nov. 2021
Agence France-Presse

Ces propos interviennent sur fond de profonde crise entre la Biélorussie, un allié de Moscou, et l’UE, qui a adopté des sanctions à l’encontre de Minsk pour la répression d’un mouvement de contestation inédit en 2020 et qui accuse Alexandre Loukachenko d’avoir orchestré une crise migratoire aux frontières polonaise et lituanienne.

La Crimée avait été annexée par la Russie en mars 2014 après une intervention militaire et un référendum de rattachement dénoncé comme illégal par Kiev et les Occidentaux.

« Nous savions tous que la Crimée était une Crimée russe de facto. Après le référendum, la Crimée est devenue russe de jure », a assuré Alexandre Loukachenko mardi dans une interview à l’agence de presse russe Ria Novosti.

Il a ajouté avoir convenu avec le président Vladimir Poutine de se rendre en Crimée pour une visite officielle commune, dont il n’a pas donné la date, disant attendre une décision du Kremlin.

« Nous en avons parlé trois fois (avec Vladimir Poutine) et il doit décider quand ce serait le plus pratique, avec le climat le plus chaud, voire idéal. Je lui ai dit : “Quand tu m’inviteras, alors nous irons” », a-t-il ajouté.

Selon M. Loukachenko, un tel voyage reviendrait à une reconnaissance de la Crimée comme étant un territoire russe.

Alexandre Loukachenko, bien qu’allié de Moscou, s’était jusque là bien gardé de prendre catégoriquement position en faveur de Moscou dans la crise qui l’oppose depuis 2014 à l’Ukraine. Il ne reconnaissait que l’annexion « de facto » de la Crimée par la Russie.

Il avait même accueilli à Minsk en 2015 des pourparlers de paix au sujet de l’est de l’Ukraine, où les forces de Kiev combattent des séparatistes prorusses, qui avaient abouti à la signature d’accords de paix.

M. Loukachenko s’est toutefois rapproché, depuis sa crise avec les Européens, de Vladimir Poutine, dont le soutien lui est désormais essentiel.