(Berlin) Le futur chancelier allemand Olaf Scholz s’est dit mardi favorable à une vaccination obligatoire contre la COVID-19 pour enrayer la flambée d’infections dans le pays où les responsables politiques discutent d’un durcissement des restrictions.

Publié le 30 nov. 2021
Agence France-Presse

Olaf Scholz « a dit qu’il percevait qu’il y avait des débats sur ce sujet au Bundestag, tous partis confondus », a indiqué à l’AFP l’entourage du prochain chancelier social-démocrate.

Faire comme l’Autriche

Le successeur d’Angela Merkel a, selon cette source, « signalé sa sympathie pour une telle réglementation » mardi, lors d’une réunion d’urgence avec Mme Merkel et les dirigeants des 16 régions allemandes.

L’Allemagne a jusqu’ici écarté l’option radicale d’imposer la vaccination, retenue par le voisin autrichien.  

Mais le débat sur cette question est monté en puissance ces dernières semaines alors que le pays est durement frappé par une nouvelle vague de COVID-19.

La situation sanitaire reste très tendue, avec mardi un taux d’incidence de 452,2 pour 100 000 habitants.

L’obligation vaccinale a été récemment décidée pour les personnels des maisons de retraite et hôpitaux, de même que les soldats de la Bundeswehr, et devrait bientôt entrer en vigueur.

Une généralisation de la mesure devrait être approuvée par le Parlement.  

Le camp conservateur CDU/CSU de la chancelière sortante Angela Merkel, qui s’apprête à passer dans l’opposition, soutient désormais la vaccination obligatoire.

Selon le quotidien Welt, une large majorité des députés écologistes, qui vont gouverner avec les sociaux-démocrates, y sont également favorables.

Mesure réclamée par la majorité

La campagne de vaccination a permis à cette date la vaccination complète d’environ 57 millions de personnes (68,5 %).

La vaccination obligatoire, longtemps rejetée par une majorité d’Allemands, est désormais réclamée par près de deux tiers d’entre eux (64 %), selon un récent sondage des médias RTL et ntv.

La réunion de mardi entre le gouvernement fédéral, la prochaine coalition et les régions pourrait cependant ne déboucher sur aucune nouvelle mesure immédiate. Une autre réunion devrait être organisée jeudi.

Plusieurs régions allemandes durement touchées ont déjà annulé les marchés de Noël et interdit aux personnes non vaccinées l’accès aux espaces publics tels que les salles de sport et les centres de loisirs.  

De nombreux responsables estiment toutefois que le patchwork de règles est source de confusion et souhaitent uniformiser les restrictions au niveau national.

La Cour constitutionnelle allemande a conforté mardi ces appels à un nouveau tour de vis en jugeant légales les restrictions radicales imposées au début de la pandémie pour endiguer les infections, notamment les couvre-feux, les fermetures d’écoles et les limitations de sortie.  

« Confinement pour les non-vaccinés »

Helge Braun, chef de cabinet de Mme Merkel, a déclaré à la chaîne de télévision RTL que la décision de la Cour indiquait « laquelle des deux voies nous devions emprunter ».  

« Ce qui doit se passer est absolument clair : les contacts doivent être réduits », a estimé mardi le prochain vice-chancelier, l’écologiste Robert Habeck.

« La règle “vaccinés-guéris” doit être mise en œuvre de manière contraignante à l’échelle nationale pour toutes les institutions publiques », à l’exception des commerces essentiels, a déclaré le co-chef du parti des Verts, interrogé par la chaîne publique ZDF.

« Cela s’appelle, il faut le dire fort, un confinement pour les non-vaccinés », a-t-il ajouté.