(Madrid) Des milliers de personnes ont manifesté jeudi à travers l’Espagne pour la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, alors que la lutte contre les violences sexistes est une priorité nationale dans le pays.

Agence France-Presse

À Madrid, masques, bonnets et écharpes violettes, couleur du mouvement féministe, étaient prédominants dans le défilé.

En tête du cortège, une banderole clamait : « Ras-le-bol des violences machistes contre les femmes. Des solutions maintenant ! » tandis que les manifestants chantaient notamment « nous ne sommes pas toutes là, il manque celles qui ont été assassinées ».

« Au niveau mondial, c’est un fléau […] Il est temps que la violence patriarcale cesse contre nos corps, nos vies et nos décisions », a dit Leslie Holguin, étudiante et actrice de trente ans.

« Nous revendiquons la fin de la prostitution et demandons la fin des assassinats, des mauvais traitements et des viols », a indiqué de son côté Maria Moran, fonctionnaire de 50 ans.

Des manifestations ont également eu lieu dans d’autres villes du pays comme Barcelone ou Valence.

La lutte contre les violences sexistes est une priorité nationale en Espagne qui a adopté en 2004 la première loi d’Europe faisant du genre de la victime une circonstance aggravante en cas d’agression.

« Nous ne pouvons pas permettre que les femmes soient assassinées, car elles sont des femmes », a insisté sur Twitter le premier ministre socialiste Pedro Sanchez, dont le gouvernement, qui compte plus de femmes que d’hommes, se revendique féministe.  

« Nous ne serons une société juste que lorsque nous en aurons fini avec tout type de violences contre les femmes », a-t-il ajouté.

Le pays, qui compte un puissant mouvement féministe, dispose d’un observatoire public des violences de genres qui a comptabilisé 1118 meurtres de femmes par leur compagnon ou ex-compagnon depuis 2003 dont 37 en 2021.

Afin d’inclure dans ses statistiques tous les féminicides, le gouvernement a annoncé récemment qu’il recenserait à partir de janvier les « assassinats machistes » commis par des hommes n’étant pas les compagnons ou ex-compagnons des victimes.

De nombreuses voix se sont élevées à travers le monde pour dénoncer les violences faites aux femmes, à l’occasion de cette journée internationale.

« La violence contre les femmes est une crise mondiale. Dans tous nos quartiers, des femmes et des filles sont en danger », a insisté la directrice exécutive de l’ONU Femmes, Sima Bahous, dans une vidéo, alors que selon l’ONU, près d’une femme sur trois dans le monde a un jour subi des violences physiques ou sexuelles.

« Les diverses formes de mauvais traitements que subissent de nombreuses femmes sont une lâcheté et représentent une dégradation pour les hommes et pour toute l’humanité. Nous ne pouvons détourner notre regard », a dit de son côté le pape François.