(Moscou) Le président russe Vladimir Poutine a lancé jeudi un inhabituel appel à l’autoritaire dirigeant de la Biélorussie Alexandre Loukachenko, son protégé, à dialoguer avec l’opposition, que le régime de Minsk réprime de façon implacable.

Agence France-Presse

« Il existe des problèmes, nous en sommes parfaitement conscients, mais nous appelons bien sûr au dialogue entre les autorités et l’opposition » biélorusses, a déclaré M. Poutine lors d’un discours à Moscou.

Répression impitoyable

Depuis août 2020, le régime biélorusse réprime de façon impitoyable la contestation historique qui a éclaté après la réélection de M. Loukachenko pour un sixième mandat lors d’un scrutin marqué par des accusations de fraudes massives.

Plusieurs personnes ont perdu la vie en marge de manifestations d’ampleur contre le régime qui se sont déroulées sur plusieurs mois, et des centaines d’autres ont été emprisonnées ou contraintes à l’exil.

En réaction, les États-Unis et l’Union européenne ont imposé de lourdes sanctions contre des responsables biélorusses et M. Loukachenko, qui peut néanmoins compter sur l’appui financier et politico-militaire de Moscou.

La principale opposante de M. Loukachenko, Svetlana Tikhanovskaïa, qui vit en exil en Lituanie, a salué l’appel de M. Poutine au dialogue, tout en estimant que les conditions n’étaient pas réunies.

« Je n’ai pas eu de contacts avec le Kremlin. Mais je salue les appels au dialogue », a déclaré Mme Tikhanovskaïa au média biélorusse Zerkalo.io.

Aucun dialogue ne peut débuter en prison. Il faut que tous les détenus politiques soient libérés et que la violence cesse.

L'opposante Svetlana Tikhanovskaïa, qui vit en exil en Lituanie

Selon l’ONG biélorusse Viasna, il y a actuellement 873 prisonniers politiques en Biélorussie, pays que M. Loukachenko dirige sans partage depuis 1994.

Isolé diplomatiquement depuis la répression de la contestation l’an dernier, le président biélorusse s’est entretenu à deux reprises cette semaine avec la chancelière allemande Angela Merkel pour résoudre une crise migratoire, que Minsk est accusé d’avoir orchestrée à la frontière polonaise.

Ces entretiens sonnent comme une victoire pour le maître de Minsk et le Kremlin s’est réjoui jeudi des contacts directs entre Mme Merkel et M. Loukachenko.