(Moscou) Le Kremlin a appelé mardi les Russes à être « plus responsables » et se faire vacciner contre la COVID-19, en pleine flambée épidémique sur fond de méfiance répandue envers les vaccins et de restrictions limitées.

Agence France-Presse

« On a l’habitude de blâmer l’État pour tout », a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. « Mais en même temps, il faut que la position des citoyens du pays soit plus responsable ».

La Russie a enregistré mardi un nouveau record avec 1015 nouveaux décès dus à la COVID-19 en 24 heures, ce qui porte le bilan officiel des décès liés à la maladie à 225 325, le plus lourd en Europe.

Seuls 35 % des Russes ont reçu à ce jour deux doses de vaccin contre le nouveau coronavirus, malgré des appels insistants des autorités à se faire vacciner.

Si l’État russe n’a pas tout fait pour expliquer aux Russes que « la vaccination n’a pas d’alternative », les autorités ont « brillamment » réuni « les conditions nécessaires » pour permettre une vaccination massive, a estimé M. Peskov.

« Maintenant, c’est l’heure pour chacun de nous de faire preuve de sens civique », a-t-il souligné.

Selon M. Peskov, une éventuelle arrivée de vaccins de conception étrangère en Russie n’aiderait pas le pays à améliorer le niveau de vaccination de la population.

« La “vaccinophobie” de certains citoyens n’est pas liée à la marque des vaccins », a-t-il assuré.

Selon des sondages indépendants, plus de la moitié des Russes n’envisagent pas actuellement de se faire vacciner.

Le virus se propage alors que les restrictions sanitaires gouvernementales sont très limitées, même si plusieurs régions ont réintroduit l’obligation de présenter un passe sanitaire pour accéder à des lieux publics.

Dans ce contexte, la vice-première ministre russe chargée de la Santé, Tatiana Golikova, a appelé mardi à déclarer des jours chômés dans l’ensemble du pays du 30 octobre au 7 novembre, pour endiguer la propagation de coronavirus.

Pour les régions les plus durement frappées par l’épidémie, cette mesure pourrait entrer en vigueur à partir du 23 octobre, a précisé Mme Golikova.  

Elle doit soumettre ces propositions à l’approbation du président russe Vladimir Poutine, lors d’une réunion gouvernementale prévue mercredi.