(Paris) L’ancien président français François Hollande étrille dans un livre à paraître mercredi l’actuel chef de l’État Emmanuel Macron et le polémiste d’extrême droite Éric Zemmour, candidats putatifs à la présidentielle d’avril 2022, et vante les mérites de la social-démocratie.

Agence France-Presse

Dans son livre intitulé Affronter (Éditions Stock), l’ex-président socialiste (2012-2017) passe en revue les différents candidats putatifs ou déclarés à la présidentielle et ironise sur certains d’entre eux : il voit Emmanuel Macron comme « un homme d’aucune doctrine, un voyageur sans boussole », « changeant d’opinions au gré des évènements, sautant d’une conviction à l’autre comme une grenouille sur des nénuphars ».

Il juge que le polémiste d’extrême droite Éric Zemmour a nourri « une amertume grandissante » de ne pas être suffisamment reconnu. « Mais n’est pas Trump qui veut, même en miniature », ajoute M. Hollande.

CAPTURE D’ÉCRAN

Affronter de François Hollande

Aucun des deux n’a officiellement déclaré sa candidature pour l’échéance du printemps 2022. Pour la première fois début octobre, une enquête d’opinion a donné Éric Zemmour à 17 % -18 % des intentions de votes, derrière le président Emmanuel Macron (24 % à 27 %) mais devant la cheffe de file de l’extrême droite traditionnelle française Marine Le Pen, créditée de 15 % à 16 % des suffrages.

Pour « affronter » les défis majeurs de la France et « la grande mutation » de la société, « qui est le mieux placé pour redonner l’espoir, face au désarroi, à la résignation, à la lassitude, et à l’abstention ? Pas le libéralisme, pas le souverainisme, pas la “gauchisation” ou l’écologie. C’est la bonne vieille social-démocratie », a expliqué François Hollande à l’AFP.

Il juge cependant qu’il lui faudrait « un bain de jouvence » et que la candidate de cette social-démocratie en 2022, la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo, devra « avoir un projet global » et « s’adresser à tous ».

François Hollande loue les mérites de cette « femme tout de sang-froid, de détermination et de ténacité », à laquelle il conseille de rester « fière de son identité socialiste » pour « être capable de rassembler une majorité de Français ».

« J’appelle au rassemblement des électeurs autour d’une force motrice qui doit être la gauche de gouvernement », dit-il dans un entretien au quotidien Le Parisien mardi soir, réaffirmant qu’il n’est pas candidat à la présidentielle.