(Paris) Le gouvernement français veut prolonger jusqu’au 31 juillet 2022 le passeport sanitaire contre la COVID-19, qui restreint l’accès à de nombreux lieux publics comme les bars, cafés, cinémas ou transports de longue distance depuis l’été.

Agence France-Presse

L’extension de la loi spéciale dite de « gestion de l’épidémie », qui autorise le recours au passeport sanitaire ainsi que des restrictions locales de déplacement, a été présentée mercredi en conseil des ministres.

Avec cette mesure, l’objectif du gouvernement est d’inciter les 26,5 % des Français qui n’ont pas encore eu leurs deux doses à se faire vacciner.  

Car si l’exécutif a renoncé à la vaccination obligatoire, le passeport conditionne depuis le 9 août l’accès à nombre d’espaces de sociabilité, comme les bars et les restaurants. Depuis le 30 août, il est aussi imposé aux 1,8 millions de salariés en contact avec le public.

Par ailleurs, pour obtenir le passeport sanitaire, il faut être doublement vacciné ou présenter un test négatif. Or, à partir de vendredi, les tests réalisés en vue d’obtenir le passeport ne seront plus remboursés et coûteront quelques dizaines d’euros.  

Bien que l’épidémie soit largement sous contrôle, le gouvernement veut aussi se prémunir de tout procès en imprévoyance en cas de reprise de la contagion.

Le taux de positivité des tests est descendu à 1 % et le nombre de cas ne cesse de diminuer : 5880 détectés mardi 12 octobre, contre plus de 43 000 au plus fort de la seconde vague du printemps, selon des chiffres officiels de Santé Publique France.  

Les oppositions parlementaires ont fortement dénoncé cette prolongation de huit mois, estimant que le gouvernement souhaite éviter un débat potentiellement conflictuel avant la prochaine élection présidentielle en avril.  

Des manifestations ont lieu tous les samedis en France depuis l’instauration du passeport sanitaire, rassemblant jusqu’à 237 000 personnes au plus fort de la mobilisation, mais l’opposition a faibli et ils n’étaient que 45 000 samedi dernier.

Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a tenté d’apaiser mercredi, en expliquant qu’il y aurait « un débat au Parlement sur la base du texte voté en Conseil des ministres ».  

« Il ne s’agit pas de dire qu’on prolonge le passeport sanitaire jusqu’au 31 juillet », mais de dire que le gouvernement se « donne la possibilité de l’utiliser », a-t-il poursuivi. « Le passeport sanitaire ne sera pas éternel. »

Des passeports sanitaires plus ou moins similaires ont été adoptés dans beaucoup de pays européens, notamment en Autriche, en Hongrie ou en Italie.

Pays précurseur, le Danemark a en revanche abandonné son « Coronapass », imposé dès avril. Le « champion de la couverture vaccinale », selon l’OMS, mise sur la qualité de son système de dépistage pour suivre l’évolution de l’épidémie.