(Bruxelles) Vingt-quatre personnes seront jugées prochainement devant un tribunal belge pour leur responsabilité présumée dans la tragédie des 39 migrants vietnamiens découverts morts dans un camion en Angleterre en 2019, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Agence France-Presse

Ces prévenus sont majoritairement des Vietnamiens ou Belges d’origine vietnamienne.

Une première audience, dite d’« introduction », destinée à fixer un calendrier pour le procès, est prévue le 27 octobre devant le tribunal correctionnel de Bruges (nord-ouest), a précisé à l’AFP Eric Van Duyse, porte-parole du procureur fédéral.

Le 23 octobre 2019, les corps de 39 migrants vietnamiens — 31 hommes et huit femmes — avaient été découverts à bord d’un conteneur dans la zone industrielle de Grays, à l’est de Londres.  

Les victimes sont mortes d’asphyxie et de chaleur dans l’espace clos du conteneur, un drame retentissant qui a remis en lumière les dangers de l’immigration clandestine et l’absence totale de scrupules de certains trafiquants.

Le conteneur, dans lequel les migrants (dont trois mineurs) avaient pris place avant la traversée de la Manche, provenait du port belge de Zeebruges. Cela a poussé la justice belge à ouvrir une enquête parallèlement aux procédures engagées notamment au Vietnam et au Royaume-Uni.

Dans le cadre de cette enquête, sous l’autorité du parquet fédéral, une série de perquisitions en Belgique avait conduit le 26 mai 2020 à treize arrestations, toutes suivies d’une inculpation.

Parmi les 24 accusés, la plupart appartiennent à la communauté vietnamienne de Belgique. Il y a en outre au moins deux Marocains et un Arménien, tous en séjour légal en Belgique, a ajouté le porte-parole.

Onze autres suspects ont ensuite été arrêtés sur le sol belge puis inculpés, a souligné mercredi M. Van Duyse.

Ils sont poursuivis, selon les cas, pour « trafic d’êtres humains avec circonstances aggravantes », « appartenance à une organisation criminelle » et « faux et usages de faux ».

Les peines encourues vont « de un an à 15 ans d’emprisonnement et une amende de 1000 à 15 000 euros par victime identifiée », avait précisé le parquet fédéral en mai 2020.

Dans cette affaire, qui a aussi valu l’ouverture d’une enquête en France, des condamnations ont déjà été prononcées par les justices vietnamienne et britannique.

Au Royaume-Uni, sept hommes ont été condamnés en janvier dernier à des peines allant de trois à 27 ans de prison.

Au Vietnam, quatre hommes ont été condamnés à de la prison ferme (entre deux ans et demi et sept ans et demi), et trois autres à des peines avec sursis, en septembre 2020.