(Moscou) La Russie et les États-Unis ont jugé « utiles » des pourparlers mardi à Moscou entre hauts responsables russe et américain, même s’ils n’ont abouti à aucune percée pour apaiser les fortes tensions entre les deux puissances.  

Agence France-Presse

« Nos positions sont peu conciliables. Les Américains n’écoutent pas notre logique, nos exigences. Mais la conversation a été néanmoins utile », a indiqué le vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï Riabkov, cité par l’agence de presse Ria Novosti.

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Le vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï Riabkov.

Il venait de s’entretenir avec la numéro trois de la diplomatie américaine Victoria Nuland, que la Russie a autorisé à venir pour trois jours d’entretiens avec des responsables russes bien qu’elle soit sur une liste de personnes bannies du pays.

En échange Washington a délivré un visa à un haut diplomate russe responsable des pourparlers sur le désarmement, Konstantin Vorontsov.

Le ministère russe des Affaires étrangères a lui indiqué que Mme Nuland avait été prévenue que « les actions hostiles anti-russes ne resteraient pas sans réponse », bien que Moscou « ne cherche pas une nouvelle escalade ».

La diplomate américaine a été informée que si Washington ne changeait pas d’attitude envers la Russie, cela mènerait à une « nouvelle dégradation des relations », selon un communiqué.

Selon M. Riabkov, l’un des principaux thèmes abordés mardi a été celui des visas et du travail consulaire, fortement perturbé par plusieurs vagues d’expulsions croisées de diplomates.

Si la question a été évoquée « très franchement » avec Mme Nuland, la situation « ne s’est pas améliorée », a relevé Sergueï Riabkov.

Le ministère russe des Affaires étrangères a confirmé qu’une « attention particulière » avait été accordée lors de ces pourparlers au fonctionnement des missions diplomatiques respectives.

Moscou a proposé de « lever toutes les restrictions imposées par les deux parties ces dernières années », telles que les baisses d’effectifs des ambassades et consulats, qui tournent au ralenti.

« Il y a eu des discussions ouvertes, les entretiens ont été utiles », a réagi à Washington le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price.

Il a assuré que la position américaine sur le personnel restait « ferme ». « Nous voulons la parité en termes d’effectifs » dans les missions diplomatiques respectives, « et nous voulons la réciprocité en termes de visas », a-t-il insisté, réclamant davantage de « flexibilité » russe pour parvenir à un « accord équitable » sur cette question épineuse.

« Nous sommes convenus d’organiser une autre session de pourparlers », a-t-il ajouté.

Mme Nuland avait indiqué lundi que le thème principal des discussions serait l’instauration de relations « stables et prévisibles » entre les deux pays.

« Je suis heureuse d’être de nouveau en Russie pour m’occuper de nos relations bilatérales », a-t-elle indiqué mardi après sa rencontre avec M. Riabkov.

Moscou et Washington s’opposent sur un nombre toujours croissant de dossiers : crises internationales, affaires d’ingérence électorale, cyberattaques, espionnage, etc.  

Les deux puissances tentent néanmoins de relancer leur dialogue sur des sujets jugés d’intérêt commun. Fin septembre, elles ont parlé à Genève de parité stratégique et de contrôle des armements.