(À bord de l’avion papal) Le pape François a lancé une pique mercredi aux cardinaux « négationnistes » ne souhaitant pas se faire vacciner, en faisant allusion à son principal opposant qui a récemment contracté la COVID-19.

Agence France-Presse

« Dans le collège cardinalice, il y a quelques négationnistes. L’un d’eux, le pauvre, a attrapé le virus. Ironie de la vie », a déclaré le souverain pontife dans l’avion qui le ramenait d’un voyage apostolique en Slovaquie. Ce petit pays d’Europe centrale de 5,4 millions d’habitants compte seulement la moitié de la population adulte vaccinée.

Sans le nommer, François faisait allusion au cardinal américain ultraconservateur Raymond Burke, l’un de ses plus farouches adversaires au sein de l’Église catholique. Ce dernier avait contracté la COVID-19 au mois d’août et avait dû un temps être placé en soins intensifs dans un hôpital.

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Le cardinal américain ultraconservateur et antivaccin Raymond Burke, qui a attrapé la COVID-19 début août, avait dû être mis dans un coma artificiel et mis sous respirateur.

Le pape a précisé qu’au sein du Vatican « tout le monde est vacciné, à l’exception d’un petit groupe ». « On est en train d’étudier comment les aider », a-t-il ajouté, lors d’une conférence de presse à bord de l’avion.

Le pape, fervent défenseur depuis des mois de la vaccination contre la COVID-19, a montré une certaine incompréhension envers les personnes sceptiques sur le vaccin.

« C’est un peu étrange parce que l’Humanité a une histoire d’amitié avec les vaccins », s’est-il étonné, en évoquant les sérums qui protègent depuis des décennies les enfants contre la rougeole ou la poliomyélite.

« On doit clarifier les choses et parler avec sérénité », a-t-il conseillé, tout en concédant que la diversité des vaccins ou leur réputation inégale ont pu créer l’incertitude ou la peur.

Le pape, qui avait commencé son voyage dimanche dernier par une courte étape à Budapest où il avait eu une rencontre à huis clos avec le premier ministre souverainiste Viktor Orban, n’a pas donné beaucoup de détails sur la tenue de leurs discussions qui ont suscité une grande curiosité internationale.

Il a toutefois précisé n’avoir aucunement abordé le thème explosif des migrants, qui l’oppose profondément au dirigeant hongrois.

François a noté que « le premier thème a été l’écologie », mais aussi la législation hongroise aidant financièrement les couples souhaitant avoir des enfants, comme cela existe aussi en France.  

Il a précisé au passage que c’est essentiellement le président hongrois Janos Ader, également présent à l’entretien de 40 minutes, qui a pris la parole.

« J’ai demandé au pape de ne pas laisser périr les chrétiens de Hongrie », avait rapporté de son côté Viktor Orban sur son compte Facebook, où il avait également diffusé une photo de sa poignée de main avec le chef des 1,3 milliard de catholiques.

M. Orban, qui se présente comme le rempart numéro un en Europe contre « l’invasion musulmane », avait offert à François la copie d’une lettre de 1250 d’un roi hongrois envoyée au pape de l’époque, implorant l’aide de l’Occident contre les guerriers tartares menaçant alors la Hongrie chrétienne.

Devant la presse dans l’avion, le souverain pontife argentin a par ailleurs une nouvelle fois eu des paroles assez dures sur l’Union européenne, en danger d’être résumée à « un bureau de gestion » selon lui.  

« Cela ne va pas », a-t-il critiqué, en appelant l’Europe à s’inspirer « des rêves des pères fondateurs » comme Schuman ou Adenauer.

Il a aussi désapprouvé « certains intérêts », pas forcément européens, cherchant à utiliser l’UE pour faire avancer leur idéologie.