(Skopje) Un ancien président du Parlement de Macédoine du Nord, deux anciens ministres et l’ex-patron du renseignement ont été condamnés lundi à des peines allant jusqu’à six ans et demi de prison pour avoir organisé une attaque contre le Parlement il y a plus de quatre ans.

Agence France-Presse

Plusieurs députés, dont Zoran Zaev, l’actuel premier ministre social-démocrate qui était alors dans l’opposition, avaient été violemment passés à tabac lorsque des manifestants nationalistes avaient fait irruption dans le Parlement le 27 avril 2017.

Partisans du parti de droite VMRO-DPMNE de l’ancien homme fort Nikola Gruevski, ils voulaient empêcher les sociaux-démocrates de former une coalition de gouvernement avec les formations de la minorité albanaise et étaient accusés de menacer l’unité nationale du petit pays des Balkans.

Une cour de Skopje a estimé que les accusés, tous condamnés pour menace à l’ordre constitutionnel, avaient « organisé et matériellement soutenu les manifestations de masse qui avaient culminé par une irruption violente dans le Parlement ».

L’ancien président du Parlement Trajko Veljanoski a été condamné à six ans et demi de prison pour son rôle dans les violences, notamment pour avoir délibérément prolongé la séance parlementaire alors que les manifestants se massaient devant le Parlement.  

Les anciens ministres Mile Janakievski et Spiro Ristovski ont été condamnés à six ans et trois mois pour avoir téléguidé les protestataires.  

L’ancien directeur des services secrets Vladimir Atanasovski, accusé d’être un instigateur direct des violences en ordonnant qu’un véhicule rempli d’armes soit garé devant le Parlement, a été condamné à six ans de prison.  

Nikola Gruevski, qui a dirigé le pays d’une main de fer pendant une décennie jusqu’à sa chute en 2016, avait été également mis en cause par l’accusation pour avoir incité à l’attaque.  

Mais ce proche du premier ministre hongrois Viktor Orban est réfugié en Hongrie depuis près de trois ans et n’avait pas été renvoyé devant le tribunal dans cette affaire.

Il avait pris la fuite en novembre 2018 après avoir été condamné à deux ans de prison pour abus de pouvoir.