(Paris) L’incendie de Notre-Dame de Paris n’a pas causé d’augmentation « significative » de la concentration de plomb dans le sang chez les enfants vivant où allant à l’école à proximité de la Cathédrale, d’après une étude de Santé publique France (SpF) publiée mardi.

Agence France-Presse

Les résultats de l’étude permettent de conclure à l’absence « d’augmentation significative des plombémies infantiles » alors que les niveaux de concentration observés chez 1222 enfants « étaient proches de ceux estimés en population générale et plus faibles que ceux des enfants dépistés à Paris » lors d’autres études entre 2015 et 2018.

Suite à l’incendie, un dispositif de surveillance avait été mis en place sur recommandation de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France. Entre le 15 avril et le 31 décembre 2019, SpF et le Centre antipoison et de toxicovigilance (CAPTV) de Paris ont examiné 1222 enfants de 0 à 17 ans.  

Chez 13 de ces enfants, des cas de saturnisme (intoxication causée par le plomb ou par les sels de plomb) ont été détectés, le taux de plomb dans le sang dépassant le seuil défini de 50 µg/L. Des sources « multiples » d’exposition au plomb ont été identifiées, qui correspondent à celles « retrouvées habituellement dans l’habitat ancien parisien ». « Aucune source en lien direct avec l’incendie n’a pu être mise en évidence », est-il précisé dans le rapport.

Le 15 avril 2019, un incendie a ravagé la toiture et la flèche de la cathédrale gothique située dans le centre de Paris, entraînant un dégagement de fumée et de plomb dans toute la capitale et provoquant une vive émotion dans le monde.

Début juillet, la CGT Paris, l’association de soutien aux victimes de pollution Henri Pézerat et des particuliers ont déposé plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui, affirmant que « les enfants ont été manifestement exposés aux dangers de l’exposition du plomb ».

Une autre plainte, également pour « mise en danger de la vie d’autrui », avec constitution de partie civile, avait été déposée en avril par l’association Robin des Bois. Elle doit permettre l’ouverture quasi automatique d’une information judiciaire et la désignation d’un juge d’instruction.

Deux ans après, les enquêteurs ont terminé leurs investigations, mais une longue phase d’analyse des prélèvements doit encore s’étendre sur plusieurs mois pour essayer de déterminer l’origine de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris.