(Paris) Près d’un million de Français, principalement des jeunes, se sont rués sur les rendez-vous pour se faire vacciner contre la COVID-19 après les annonces du président Emmanuel Macron lundi soir rendant de facto la vaccination nécessaire pour continuer à avoir une vie sociale normale.

Agence France-Presse

Le patron du site de réservation Doctolib a fait état mardi de « 926 000 Français qui ont pris un rendez-vous de vaccination » lundi soir. Pour 65 %, les prises de rendez-vous concernaient des personnes de moins de 35 ans, a précisé sur BFMTV Stanislas Niox-Chateau.

C’est cinq fois plus que le lundi précédent, a-t-il précisé.

« Plus de 3,4 millions de recherches de rendez-vous de vaccination ont été réalisées » sur le moteur de recherche Vite Ma Dose, qui agrège plusieurs sites dont Doctolib, selon son concepteur Guillaume Rozier.

Aller au restaurant, dans un café, au cinéma ou au théâtre, prendre un train pour aller voir sa famille à l’autre bout de la France, monter dans avion : pour tous ces gestes relativement banals, les Français devront bientôt présenter un passeport sanitaire attestant qu’ils sont vaccinés ou un test négatif. La semaine prochaine pour les lieux de culture, début août pour les restaurants et les transports.

« Vous êtes des centaines de milliers à avoir réservé un rendez-vous de vaccination ce soir » lundi, a noté le ministre de la Santé Olivier Véran sur Twitter. « Ça tombe bien, on a des vaccins, des centres ouverts partout et des dizaines de milliers de soignants, pompiers, agents des collectivités qui n’attendent que vous ».

Face à la progression du variant Delta qui va provoquer une quatrième vague de contagion, le gouvernement a sorti les grands moyens pour accroître la couverture vaccinale du pays. Dimanche dernier, 66 % des plus de 18 ans avaient reçu au moins une dose de vaccin et 51 % étaient entièrement vaccinés, selon les chiffres officiels.

« La vaccination n’est pas tout de suite obligatoire pour tout le monde, mais nous allons étendre au maximum le passeport sanitaire pour pousser le maximum d’entre vous à aller vous faire vacciner », a déclaré dans son allocution lundi soir le président français.

Souplesse pour les ados

Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal s’est dit « satisfait de voir que le message du président de la République a été entendu », même si sur les réseaux sociaux certains dénonçaient une atteinte aux libertés, aussi en raison d’une autre mesure annoncée lundi : la vaccination obligatoire pour les soignants et ceux qui côtoient des personnes vulnérables.

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a lui appelé à ce qu’une certaine souplesse soit de mise pour les adolescents qui sont encore peu vaccinés (car ils n’y ont droit que depuis fin juin), mais qui seront soumis à partir de 12 ans au passeport sanitaire.

« Je plaide pour que les enfants de 12, 13, 14 ans, qui désormais sont inclus dans le passeport sanitaire, on fasse preuve de souplesse dans la mise en œuvre, de compréhension », a déclaré M. Le Maire.

Outre les adolescents, les touristes européens qui avaient prévu de venir en France risquent de subir des complications s’ils ne sont pas encore vaccinés. Ils peuvent accéder au territoire sur présentation d’un test PCR mais devront en produire régulièrement pour aller au restaurant par exemple.

Politiquement, l’extrême droite (Rassemblement National, RN) et l’extrême gauche (La France Insoumise, LFI) dénoncent les mesures.

« Les décisions de #Macron sentent l’abus de pouvoir et la discrimination sociale. Exemple : le #PassSanitaire obligatoire sera vérifié par des policiers non vaccinés. Bienvenue en absurdie. Le pays n’est ni protégé ni organisé pour la 4e vague », a tweeté le chef de file de LFI, Jean-Luc Melenchon, tandis que la patronne du RN Marine Le Pen critiquait un « recul grave des libertés individuelles ».