(Londres) Le premier ministre britannique Boris Johnson s’apprête à repousser la levée des dernières restrictions liées à la pandémie en Angleterre sur les conseils de scientifiques inquiets de la poussée du variant Delta, rapportent des médias lundi.

Agence France-Presse

Environ 60 % plus contagieux que le variant Alpha apparu en Angleterre, le variant Delta initialement apparu en Inde est désormais dominant au Royaume-Uni, pays le plus meurtri d’Europe par la pandémie avec près de 128 000 morts.

Après un long confinement hivernal et une campagne de vaccination menée tambour battant, le gouvernement a progressivement supprimé des restrictions. Mais les nouvelles contaminations sont récemment reparties à la hausse et dépassent les 7000 nouveaux cas enregistrés quotidiennement.

Le premier ministre doit annoncer lors d’une conférence de presse lundi soir si la dernière étape du déconfinement qui prévoit entre autres la réouverture des discothèques et l’autorisation pour les salles de spectacles d’opérer à pleine capacité se déroulera comme prévu le 21 juin ou sera reportée.

Selon la BBC, la levée des dernières restrictions sera repoussée de quatre semaines, jusqu’au 19 juillet, un report qui serait soumis au vote des députés. Un nouveau délai provoquerait la furie d’une partie du camp conservateur de M. Johnson et constituerait aussi un énorme revers pour de nombreuses entreprises – en particulier dans le secteur de l’hôtellerie-restauration qui espérait une réouverture estivale complète pour compenser les pertes de l’année écoulée.  

Samedi, Boris Johnson a averti que la propagation au Royaume-Uni du variant Delta était « très préoccupante » et répété qu’en matière de déconfinement, il voulait adopter une approche prudente et « irréversible ».

Repousser la levée des dernières restrictions permettrait de gagner du temps en vaccinant davantage de personnes et protégeant ainsi une plus grande partie de la population du virus.

Plus de 41,5 millions de personnes, soit près de 79 % de la population adulte, a reçu une première dose de vaccin et 29,8 millions de personnes soit 56,6 % de la population adulte a été doublement vaccinée.

Le secrétaire d’État à la Santé, Edward Argar, s’est réjoui lundi que la vaccination ait permis de « couper le lien » entre la maladie et les hospitalisations et les décès.

« On ne peut pas avoir une approche zéro COVID-19, on doit vivre avec, et pour cela, la vaccination est la clé », a déclaré M. Argar sur SkyNews estimant que la situation sera plus facile « une fois que les gens seront doublement vaccinés, une fois que nous aurons atteint ce niveau de protection à environ 81 % ».