(Athènes) Le premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a demandé « pardon » vendredi aux victimes de violences policières, moins d’une semaine après qu’un jeune homme a été battu à coups de matraque par un agent de police dans une banlieue d’Athènes lors d’un contrôle des mesures du confinement.

Agence France-Presse

« J’ai la responsabilité en tant que premier ministre du pays de demander pardon à tous ceux qui ont été blessés par des cas de violences policières par le passé », a déclaré Kyriakos Mitsotakis, lors d’un débat houleux consacré au Parlement sur les violences récentes qui provoquent un tollé dans le pays.

Il a qualifié d’« inadmissible » le comportement de l’agent qui avait battu avec une matraque un jeune de 29 ans sur la place de Nea Smyrni, une banlieue réputée calme à 5 km du centre d’Athènes. Le jeune homme avait protesté contre un contrôle policier visant à faire respecter le confinement en vigueur depuis le 7 novembre.

Le chef de gouvernement conservateur a promis de prendre des mesures pour « la modernisation » de la police et contre les phénomènes d’impunité policière, endémiques en Grèce.  

Les images devenues virales d’un jeune homme à terre, entouré de policiers et criant « j’ai mal », ont provoqué l’indignation de la population, qui a manifesté à plusieurs reprises contre « la répression policière » ces derniers mois.

Mardi, dix policiers ont été blessés, dont un grièvement, en marge d’une manifestation de 5000 personnes à Nea Smyrni contre « les dérives policières ». Des médias citant des sources policières ont affirmé que les incidents ont été provoqués par un groupe de 200 hooligans de clubs de football.

La police a ouvert une enquête interne et suspendu de ses fonctions l’agent qui avait frappé le jeune homme.

Le premier ministre a déclaré que « la société était fatiguée » après un an de confinements successifs, mais a accusé le principal parti d’opposition de gauche Syriza d’attiser la tension et d’inciter à manifester.

« Évidemment, les manifestations ne sont pas la seule raison de la hausse du nombre des infections (au coronavirus). Mais je demande si l’organisation de manifestations par l’opposition est une position responsable », a souligné M. Mitsotakis.

Le chef de Syriza et ex-premier ministre Alexis Tsipras a de son côté rétorqué que le gouvernement de droite « profitait de la pandémie pour imposer des mesures dures, des atteintes à la démocratie et aux droits ».  

« Je vous accuse, car en ce moment critique, alors que les citoyens sont abattus par la pandémie […] vous optez pour la tension et la division » ainsi que « des mesures de répression » a fustigé M. Tsipras.

La Grèce est entrée dans son cinquième mois consécutif de confinement.