(Londres) Des millions de Britanniques vivent depuis vendredi sous des restrictions locales durcies, le Pays de Galles entrant même dans un nouveau confinement, pour endiguer la deuxième vague de nouveau coronavirus au Royaume-Uni, qui aborde la question en ordre dispersé.

Agence France-Presse

Largement approuvé dans l’ensemble par la population, ce durcissement entraîne tensions et résistances, notamment dans le nord de l’Angleterre, région particulièrement touchée qui se sent traditionnellement délaissée de Londres.

Confiné d’un bloc le 23 mars lors de la première vague, le pays le plus endeuillé en Europe par la pandémie (plus de 44 000 morts) réagit à la résurgence de contaminations de manière localisée, les gouvernements locaux étant compétents en la matière.

Depuis 18 h (13 h, HE), les plus de trois millions d’habitants du Pays de Galles doivent « rester à la maison » jusqu’au 9 novembre, devenant ainsi la première province britannique à se résoudre de nouveau à un confinement.

Tous les commerces non-essentiels doivent fermer, mais les enfants de certaines classes pourront retourner à l’école début novembre après les vacances.

Selon John Sally, propriétaire du pub The Deep dans la capitale galloise Cardiff, « ces nouvelles restrictions vont potentiellement entraîner des licenciements ».

« On va être fermés pour deux semaines… », « c’est très difficile à prévoir », « et il n’y a aucune garantie qu’on ne sera pas fermés plus longtemps », a-t-il déclaré à l’AFPTV.

Pour Gareth Chamber, chorégraphe de 33 ans qui juge « nécessaires » ces restrictions, Westminster utilise le confinement gallois « comme un test sur des cobayes », « pour voir si ça marcherait pour le reste du Royaume-Uni ».

Il s’agit de « sauver des vies, pas Noël », a déclaré lors d’une conférence de presse le premier ministre gallois Mark Drakeford.

« C’est la gravité de la situation dans laquelle nous nous trouvons », a-t-il expliqué, « notre ambition est que nous n’ayons pas besoin d’un tel niveau de restrictions » d’ici là.

En Angleterre, le gouvernement du premier ministre britannique Boris Johnson cherche à éviter un confinement général mais désormais environ la moitié de la population, soit environ 29 millions d’habitants, vit sous des restrictions locales.

« Noël numérique »

Dans le nord-ouest de l’Angleterre, la ville de Manchester est passée vendredi matin au niveau d’alerte sanitaire maximale, après plusieurs jours de bras de fer avec le gouvernement sur les contreparties économiques.

PHOTO ANTHONY DEVLIN, AGENCE FRANCE-PRESSE

Les bars et pubs de Manchester qui ne servent pas à manger doivent fermer.

Ses 2,8 millions d’habitants ne peuvent désormais plus se rencontrer entre différents foyers, sauf très rares exceptions, et les bars et pubs qui ne servent pas à manger ont fermé.

La région du Yorkshire du Sud va subir le même sort dans la nuit de vendredi à samedi, portant à 7,3 millions le nombre d’Anglais soumis au niveau de restrictions le plus élevé.

En Écosse, la première ministre Nicola Sturgeon a annoncé vendredi un système d’alerte semblable à celui de ses voisins anglais, qui comporte lui cinq échelons au lieu de trois : du niveau 0, « le plus proche de la normalité », où les visites sont autorisées sans restriction entre foyers, au niveau 4, où tous les commerces non-essentiels devront fermer. Les niveaux seront réévalués chaque semaine, a-t-elle précisé.

Jeudi, l’un des responsables des services sanitaires avait prévenu que les Écossais devaient d’ores et déjà se préparer à l’éventualité d’un « Noël numérique ». Sur la BBC, Jason Leitch avait déclaré qu’il était « honnêtement trop tôt pour dire » combien de foyers seraient autorisés à se réunir pour les fêtes, mais qu’il ne s’agirait pas d’un « Noël normal ».

Mi-octobre, l’Irlande du Nord a fermé pour un mois pubs et restaurants et décidé de prolonger les vacances scolaires.