(Madrid) Le gouvernement espagnol s’est dit prêt mardi à discuter avec l’opposition de l’imposition d’un couvre-feu pour freiner la hausse des cas de COVID-19, une mesure que pourrait solliciter la région de Madrid, durement touchée par la pandémie.

Agence France-Presse

C’est une option que « nous allons analyser avec Madrid et avec les autres régions » du pays, compétentes en matière de santé publique, a déclaré le ministre de la Santé Salvador Illa lors d’une conférence de presse.

La France, la Belgique, la Slovénie et certaines régions italiennes ont annoncé ces derniers jours la mise en place de couvre-feux nocturnes afin de contraindre la population à réduire son activité sociale et freiner ainsi le rythme des contagions.

Mais en Espagne, cette décision est compliquée à prendre d’un point de vue juridique, la santé publique relevant de l’autorité des régions.

« État d'alerte »

M. Illa a ainsi estimé qu’un couvre-feu nécessiterait la proclamation préalable de « l’état d’alerte », régime d’exception qui équivaut à un état d’urgence sanitaire.

Or, le maintien au-delà de 15 jours de l’état d’alerte nécessite l’approbation du Parlement, au sein duquel le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez ne dispose pas de la majorité absolue.

Le Parti populaire (PP, opposition de droite), très critique de l’état d’alerte actuellement en vigueur à Madrid, devrait donc faire savoir « s’il est prêt à s’engager à soutenir » cette mesure, a estimé M. Illa.

Le ministre réagissait à des propos du gouvernement régional de  Madrid, dirigé par le PP, qui avait évoqué dans la matinée la possibilité d’un couvre-feu lorsque l’état d’alerte sera levé samedi dans la capitale.

« Décision du gouvernement central »

Mais « il faudrait que ce soit une décision du gouvernement central », avait précisé le responsable régional de la Santé, Enrique Ruiz Escudero.

Le gouvernement Sanchez a décrété le 9 octobre l’état d’alerte dans la région de Madrid pour une durée de 15 jours, afin d’imposer un bouclage partiel de la capitale et de communes voisines.

M. Illa a confirmé que le gouvernement de Pedro Sanchez n’essaierait pas de prolonger l’état d’alerte dans la région de Madrid au-delà de samedi.

Outre la capitale, plusieurs régions espagnoles ont durci ces derniers jours les mesures contre la pandémie.

Le ministre de la Santé a également annoncé l’achat par l’Espagne de 31,5 millions de doses de vaccins dans le cadre d’un accord européen avec la société pharmaceutique AstraZeneca, précisant qu’elles pourraient être livrées à partir de décembre « s’il n’y a pas de retards ».