(Paris) Sans exclure des reconfinements locaux, le premier ministre Jean Castex a exhorté lundi les Français à plus de vigilance face à une « deuxième vague forte » de COVID-19, à deux jours d’une nouvelle prise de parole d’Emmanuel Macron.

Andréa BAMBINO
Agence France-Presse

Un Conseil de défense aura lieu, peut-être dès mardi matin, avant l’interview d’Emmanuel Macron mercredi soir sur TF1 et France 2.

« Nous sommes dans une deuxième vague forte », a prévenu le premier ministre lundi sur franceinfo, sur fond d’envolée des nouveaux cas positifs et d’hôpitaux guettés par la saturation, surtout en Île-de-France.

« Il ne peut plus y avoir de relâchement », a averti M. Castex, pour qui « les Français ont considéré un peu trop vite, malgré les discours que nous tenions, que ce virus avait disparu ».

PHOTO LUDOVIC MARIN, AGENCE FRANCE-PRESSE

Le le premier ministre français, Jean Castex

« Rien ne doit être exclu quand on voit la situation dans nos hôpitaux », a également prévenu le chef du gouvernement à propos de la possibilité de reconfinements locaux.

Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a confirmé lundi soir qu’il « pourrait y avoir des mesures supplémentaires » pour lutter contre l’expansion de l’épidémie dans les villes les plus touchées, sans en dire plus.

96 morts en 24 h

Après les restaurateurs, qui s’étaient mobilisés contre la fermeture de leurs établissements, les forains ont à leur tour protesté lundi contre les restrictions sanitaires en menant des opérations escargots dans toute la France, tandis que des dizaines de véhicules ont bloqué des voies de circulation près de Bercy pour réclamer plus d’aides.

Autre cri d’alarme, la fédération des fleuristes (FFAF) a estimé que 15 % d’entre eux devraient disparaître d’ici au printemps 2021 à cause de la crise due à la COVID-19.

Du côté des indicateurs, le nombre de nouveaux cas positifs à la COVID-19 enregistrés en 24 heures a battu plusieurs records depuis le redémarrage de l’épidémie cet été et a même passé le cap des 20 000 (20 339 vendredi, 26 896 samedi), selon les données de Santé publique France.

Plus de 8000 cas ont été enregistrés lundi, selon l’agence sanitaire qui fait état de 96 morts dans les dernières 24 heures, soit un total de 32 825 décès.  

La situation est préoccupante à Paris : le directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) Aurélien Rousseau a fait état sur RMC/BFMTV d’un taux, jamais vu, de tests positifs de 17 % en Île-de-France. Et le taux d’incidence s’établissait dans la capitale à 413,2 pour 100 000 habitants sur les sept derniers jours, en très nette hausse, d’après les derniers chiffres diffusés lundi par l’ARS.

« On a passé les 42 % d’occupation » des lits de réanimation par des patients COVID-19 dans la région la plus peuplée du pays [12 millions d’habitants], a ajouté Aurélien Rousseau, un niveau qui va imposer des déprogrammations d’interventions pour faire de la place dans les hôpitaux.

« Endurance »

Avec Toulouse et Montpellier, qui basculent mardi, la France compte désormais neuf villes — dont les quatre plus grandes de France — et le département de la Guadeloupe en zone d’alerte maximale, synonyme de taux d’occupation des lits en réanimation à 30 % et qui a pour conséquence la fermeture des bars, des salles de sport et un accueil limité dans les restaurants. À Aix-Marseille, ces mesures ont été prolongées pour 15 jours supplémentaires.

Si les services hospitaliers sont lancés dans une course contre la montre, Jean Castex a aussi comparé la lutte contre la COVID-19 à « une course d’endurance » qui « va durer plusieurs mois ».

Il a de nouveau appelé à éviter « les contacts au maximum », notamment lors des retrouvailles en famille de la Toussaint, mais « je ne vais pas vous dire qu’on ne peut pas voir papi et mamie ce serait ridicule », a-t-il ajouté.

« Au lieu d’avoir 15 amis autour de la table, vous en avez trois ou quatre », a aussi lancé sur LCI l’épidémiologiste de l’Institut Pasteur Arnaud Fontanet, également membre du Conseil scientifique. Selon lui, « il n’y a rien qui va changer profondément la donne » jusqu’aux effets d’un vaccin, qu’il ne situe pas avant le « deuxième semestre 2021, au mieux ».

Le secrétaire d’État au Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne a de son côté incité les Français à réserver leurs vacances de la Toussaint en promettant que « les réservations annulées ne [coûteraient] rien » et que « la sécurité sanitaire [était] au rendez-vous ».