(Paris) Ali Riza Polat, le principal accusé présent au procès des attentats de janvier 2015, a demandé lundi sa remise en liberté, réaffirmant son « innocence » et disant « ne pas comprendre » les raisons de sa présence dans le box.

Agence France-Presse

« Je ne comprends toujours pas ce que je fais dans le box des accusés », a assuré M. Polat devant la cour d’assises spéciale de Paris, devant laquelle sont jugées 14 personnes pour leur soutien logistique aux auteurs des attaques djihadistes contre Charlie Hebdo, une policière à Montrouge et contre l’Hyper Cacher.

« Je suis innocent, je veux sortir. C’est tout ce que j’ai à vous dire », a poursuivi ce Franco-turc de 35 ans, chemise rouge bordeaux et crâne rasé. Les personnes qui l’ont mis en cause dans ce dossier ont « raconté n’importe quoi » et vont « payer », a-t-il menacé.

Sa demande de mise en liberté a formellement été adressée à la cour le 3 septembre, au deuxième jour du procès.  

La cour d’assises, qui s’est longuement penchée lundi sur le déroulé des attaques, avec le visionnage éprouvant des images des scènes de crime à Charlie Hebdo, rendra sa décision mardi matin, à la reprise de l’audience.

Proche d’Amédy Coulibaly, Ali Riza Polat est accusé d’avoir eu un rôle central dans les préparatifs des attentats, en jouant selon les enquêteurs le rôle de « bras droit » du tueur de l’Hyper Cacher.

Il est le seul des onze accusés présents devant la cour d’assises — trois autres suspects sont jugés par défaut — à devoir répondre de « complicité », un crime passible de la réclusion criminelle à perpétuité.  

Lors de son interrogatoire de personnalité vendredi, M. Polat, déjà condamné à de multiples reprises, notamment pour trafic de stupéfiants et escroqueries, n’avait pas fait mystère de ses intentions en cas de remise en liberté.

« Quand je sortirai de prison, je ferai du banditisme, encore plus, je vais faire pire », avait-il promis.