(Rennes) Un bénévole du diocèse, qui avait été interpellé après l’incendie dans la cathédrale de Nantes le 18 juillet, a été mis en examen et placé en détention provisoire dans la nuit de samedi à dimanche, a annoncé dimanche le procureur de la République de Nantes.  

Agence France-Presse

Placé en garde à vue samedi matin, il a été mis en examen « des chefs de destructions et dégradations par incendie et placé en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention », a précisé Pierre Sennès dans un courriel.

L’homme de 39 ans, un ressortissant rwandais, avait été interpellé dans la foulée de l’incendie et remis en liberté le lendemain sans poursuite dans le cadre de l’enquête ouverte pour « incendie volontaire » par le parquet.

Le bénévole, qui intervient pendant les messes en tant que servant d’autel, est « venu se réfugier en France il y a quelques années », avait alors expliqué à l’AFP le recteur de la cathédrale de Nantes, le père Hubert Champenois.

« Les développements de l’enquête […] ont conduit à l’interpellation de cette même personne ce jour (samedi) 25 juillet 2020 à 6 h 15 et à son placement en garde à vue », avait expliqué samedi soir le procureur. « Les premiers résultats communiqués par le laboratoire central de la Préfecture de police de Paris amènent à privilégier la piste criminelle », avait-il indiqué.

« Trois points de feu »

L’enquête avait révélé l’existence de trois points de départ de feu distincts dans la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul. « Entre le grand orgue, qui est sur la façade au premier étage et les autres feux, vous avez quasiment toute la distance de la cathédrale. Ils sont quand même à une distance conséquente les uns des autres », avait relevé le jour de l’incendie le procureur.

L’alerte avait été donnée le 18 juillet vers 7 h 45 (1 h 45, HE) par des passants qui avaient vu des flammes sortant de l’édifice. Il a fallu environ deux heures aux sapeurs-pompiers pour circonscrire le feu qui a notamment détruit un tableau d’Hippolyte Flandrin du XIXe siècle et le grand orgue.

En dehors du grand orgue dont « très peu, voire pas du tout d’éléments » pourront être sauvés, selon Philippe Charron, le responsable du pôle patrimoine à la Direction régionale des affaires culturelles, « la plupart des œuvres ont été sauvées » et sont remisées « notamment dans le château de Nantes ».

« On va compter en semaines la mise en sécurité du site, […] en mois l’investigation qui va se faire pierre par pierre » et, concernant la durée du chantier de reconstruction précédé d’une phase d’études, « là, l’unité sera plutôt l’année », a estimé M. Charron.  

L’État « prendra toute sa part » dans la reconstruction, a promis le premier ministre Jean Castex, allé à Nantes féliciter les sapeurs-pompiers le jour de la tragédie.

L’incendie à la cathédrale de Nantes, survenu 15 mois après celui de Notre-Dame de Paris, a suscité une vive émotion chez les Nantais, dont certains ont conservé le souvenir d’un précédent incendie de l’édifice, le 28 janvier 1972.

L’édification de cette cathédrale, de style gothique flamboyant, a duré plusieurs siècles (de 1434 à 1891).