(Moscou) Les autorités russes ont bloqué un site Internet d’opposition qui appelait les Russes à s’exprimer contre les amendements constitutionnels devant notamment permettre au président Vladimir Poutine de rester au pouvoir jusqu’en 2036.

Agence France-Presse

« Le site d’une campagne contre les changements constitutionnels, net2020.ru, vient juste d’être bloqué par Roskomnadzor », l’agence russe de surveillance des télécoms, a affirmé jeudi l’opposant Andreï Pivovarov.

Note de la rédaction de La Presse : au moment de mettre ce texte en ligne, le site fonctionnait hors de Russie, du moins au Canada.

PHOTO DIMITAR DILKOFF, AFP

Un opposant à la réforme constitutionnelle de Vladimir Poutine tient une pancarte sur laquelle est écrit : « NON » (Niet, en caractères cyrilliques), lors d’une manifestation devant le monument à Vladimir le Grand, près des murs du Kremlin.

Ce blocage fait suite à une décision du tribunal Tagansky de Moscou, a-t-il précisé sur sa page Facebook.

La campagne est baptisée Niet

Contacté par l’AFP, un porte-parole du tribunal a confirmé cette interdiction, sans donner plus de détails.

PHOTO STAFF, REUTERS

Mercredi soir, ce manifestant protestant contre la réforme de Vladimir Poutine tenait une pancarte sur laquelle il avait écrit « Va-t’en. »

« Cette réaction nerveuse veut dire que nous sommes sur la bonne voie », a ajouté l’opposant Andreï Pivovarov, tout en promettant que la campagne, baptisée « Niet » (« Non ») allait se poursuivre. Ci-bas, la page d’accueil du site bloqué par les autorités russes.

Un amendement à la loi fondamentale, ajouté mardi à la surprise générale à une réforme plus vaste, permettra à l’homme fort de la Russie de « réinitialiser » son compteur de mandats présidentiels, afin de lui donner le droit de se représenter en 2024 et 2030. La Cour constitutionnelle doit valider la manœuvre.

50 000 signatures dénonçant un « coup d’État »

L’opposition russe a immédiatement dénoncé une « usurpation du pouvoir » par Vladimir Poutine. Plus de 50 000 personnes ont signé en ligne un « manifeste » dénonçant un « coup d’État sous couvert de changements ».

Adoptée par les deux chambres du Parlement russe, la révision constitutionnelle renforce aussi les pouvoirs de l’exécutif et entérine une vision conservatrice de la Russie avec la mention de la « foi en Dieu » ainsi que le principe d’un mariage possible uniquement entre un homme et une femme.

Les amendements doivent être définitivement approuvés lors d’« un vote populaire » le 22 avril.