(Rome) L’Italie qui n’en produit pas, va recevoir 800 000 masques d’Afrique du Sud en deux jours, mais elle a besoin d’une dizaine de millions d’autres pour faire face à l’épidémie de coronavirus, a indiqué mardi à l’AFP un responsable de la Protection civile.

Françoise KADRI Agence France-Presse

« Nous en avons reçu 400 000 d’Afrique du Sud hier et en recevrons autant demain », produits par la société sud-africaine Apogeo, a expliqué par téléphone Luigi D’Angelo, responsable du bureau des urgences.  

Un masque dure environ 6 heures

Les approvisionnements en masques arrivent au port de Fiumicino, tout près de Rome, puis sont distribués dans toute l’Italie.

PHOTO MIGUEL MEDINA, AFP

Une cycliste portant le masque --mais pas de casque-- à Milan, lundi dernier.

Il a souligné que l’Italie cherche « 8 millions de masques chirurgicaux » qui servent pour les personnes malades ou qui ont été en contact avec des malades, et « plusieurs millions de masques FPP2 et FPP3 destinés aux opérateurs sanitaires en contact direct avec des patients ».

Un masque peut être utilisé pendant six heures maximum avant d’être jeté.

Les hôpitaux disposaient déjà de réserves, mais l’expansion de l’épidémie en Italie qui compte plus de 2500 personnes contaminées (environ 500 de plus que la veille) et 79 morts (27 de plus) en date de mardi, a mis le système sous tension, a expliqué le responsable des urgences de la Protection civile, un organisme qui s’appuie sur un réseau très actif de bénévoles.

Selon lui, certains hôpitaux « sont en train de finir leurs réserves ».

200 000 par jour en Lombardie

M. D’Angelo a précisé que, par exemple la seule région Lombardie, la plus touchée par l’épidémie, « en consomme 200 000 par jour ».

L’Italie a aussi sollicité d’autres pays européens qui produisent des masques comme la Roumanie, la Suisse ou les Pays-Bas.

PHOTO FLAVIO LO SCALZO, REUTERS

Du personnel médical portant le masque à l’entrée d’une tente de triage plantée à côté du poste de contrôle donnant accès à l’hôpital Spedali Civili de Brescia, une ville de Lombardie, dans le nord de l’Italie, une des régions le plus touchées du pays.

Les masques servent aussi aux personnes mises en quarantaine, dont la plupart restent chez elles, a indiqué le responsable.

La Protection civile recommande la quarantaine de quatorze jours à domicile pour les personnes présentant peu ou pas de symptômes, mais « il faut pour cela disposer de sa propre chambre et salle de bains », a expliqué M. D’Angelo.  

Il a précisé que des campus militaires à Cecchignola, près de Rome, à Riberi, près de Turin, à l’hôpital Celio de Rome et à partir de mercredi Baggio à Milan, accueillent déjà des personnes en quarantaine, « pas plus d’une cinquantaine actuellement ».  

Tentes de triage

Le plan d’urgence de la protection civile inclut également la mise en place de tentes devant les hôpitaux pour permettre des parcours séparés entre les cas potentiellement suspects et les autres patients.

Plus de 70 hôpitaux disposent d’un total de 6000 lits pour l’accueil de patients en soins intensifs, sachant que 10 % environ des personnes contaminées doivent y être placées, a indiqué le responsable, soulignant qu’il n’y « a pas de manque de lits en soins intensifs ».  

Il a rappelé que le principal foyer est parti de l’hôpital de Codogno, où le patient N1, qui a involontairement contaminé son entourage, le personnel sanitaire et des patients, avait été pris en charge pour une grave pneumonie sans être séparé des autres malades.

« Nous avons mis en place entre 330 et 350 tentes de triage devant les urgences des hôpitaux et 130 devant les prisons pour éviter qu’ils ne deviennent des foyers d’épidémie », a précisé M. D’Angelo.

Les secteurs privé et militaire ont été mis à contribution pour fournir des lits supplémentaires ainsi que du personnel soignant.