(Paris) Un ancien porte-parole du groupe islamiste armé syrien Jaych al Islam (Armée de l’Islam), soupçonné notamment de tortures et de crimes de guerre, a été interpellé mercredi en France et inculpé vendredi, a appris l’AFP de source judiciaire.

Agence France-Presse

Cet homme, né en 1988 et qui se trouvait en France au titre d’un visa Erasmus pour étudiants, a été arrêté à Marseille. A l’issue de 48 heures de garde à vue, il a été présenté à un juge d’instruction parisien qui l’a inculpé notamment pour « actes de tortures et complicité », « crimes de guerre » et « complicité de disparitions forcées ».

Selon un communiqué commun de trois ONG, FIDH (Fédération internationale pour les droits humains), SCM (Centre syrien pour les médias et la liberté d’expression) et LDH (Ligue des droits de l’Homme), l’homme interpellé se faisait appeler Islam Alloush, mais se prénomme en réalité Majdi Mustafa Nameh.  

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Majdi Mustafa Nameh, alias Islam Alloush.

Il « figure parmi les hauts responsables de Jaysh Al Islam », qui « compta jusqu’à plus de 20 000 combattants et fit régner la terreur dans les zones rebelles qu’elle contrôlait, principalement dans la Ghouta orientale, dont elle perdit le contrôle en avril 2018 », selon leur communiqué.

Cette inculpation ouvre « la voie à la première enquête judiciaire portant sur les crimes commis par le groupe armé », se félicitent-elles.

Le groupe Jaych al Islam est notamment soupçonné de l’enlèvement le 9 décembre 2013 de l’avocate et journaliste syrienne Razan Zeitouneh, son mari Waël Hamada et deux de ses collaborateurs.  

Mme Zeitouneh avait été l’une des figures du soulèvement populaire lancé en mars 2011 contre le régime de Bachar al-Assad, et avait reçu cette année-là le Prix Sakharov des droits de l’homme en compagnie d’autres militants du « Printemps arabe ». Elle avait ensuite critiqué les violations des droits de l’homme commis par toutes les parties au conflit.

Une plainte visant des membres de ce groupe islamiste avait été déposée en juin dernier auprès du pôle crimes contre l’humanité du Parquet national antiterroriste pour « actes de torture », « disparitions forcées », « crimes contre l’humanité et crimes de guerre », commis dans la Ghouta entre 2012 et avril 2018, par la FIDH, la LDH et le SCM, ainsi que par sept membres de la famille de Mme Zeitouneh.