Mauvaise journée aux assises de Paris pour la touriste canadienne qui accuse de viol deux policiers français : elle a vu, lundi, sa parole mise en doute par la serveuse du pub où elle a rencontré les accusés.

Mis à jour le 21 janv. 2019
AGENCE FRANCE-PRESSE

« J'avais l'impression que c'était pas tellement la vérité ce qu'elle m'a raconté cette nuit-là », a expliqué l'ex-serveuse, qui avait assisté à la rencontre entre la Canadienne, Emily Spanton, et les policiers et fut ensuite l'une des toutes premières personnes à entendre le récit de la victime présumée.

Aux enquêteurs, la serveuse - qui a admis que ses souvenirs étaient un peu « flous » cinq ans après les faits - avait expliqué que Mme Spanton lui avait dit avoir été déshabillée puis violée par des policiers.

« Son histoire était un peu bizarre. Elle a changé des détails », a poursuivi ce témoin.  

Nicolas R. et Antoine Q., deux policiers de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI), sont jugés depuis le 14 janvier pour « viol en réunion » dans la nuit du 22 au 23 avril 2014 dans leurs bureaux de la police judiciaire, alors sis au mythique « 36 » Quai des Orfèvres.  

Entendue le lendemain de l'affaire, la serveuse avait décrit « des French kiss » entre plusieurs policiers et Emily Spanton. L'avocat de la défense Sébastien Schapira a demandé une confrontation avec cette dernière, qui a nié ces baisers au début du procès et a esquivé lundi : « Je suis malade depuis la semaine dernière, alors ce que j'ai pu dire, je ne m'en souviens pas ».

La serveuse avait également expliqué que la jeune femme avait mimé une scène sexuelle, évoqué des mains aux fesses au pub.  

Dans quel état était Emily Spanton, après le viol présumé ? « Elle ne pleurait pas. Elle n'était pas hystérique », s'est souvenue l'ancienne serveuse. Des propos qui contredisent cependant ce qu'elle avait rapporté après les faits, a relevé le président : elle avait alors parlé des larmes de Mme Spanton.

À plusieurs reprises, ses contradictions ont été soulevées entre les déclarations aux assises et lors de l'enquête. « Je ne me souviens plus. C'est flou », a répété l'ancienne serveuse.  

Deux autres serveuses devaient témoigner lundi, mais la cour n'est pas parvenue à les joindre.

La défense a par ailleurs fait citer l'ex-mari d'Emily Spanton, en vidéoconférence depuis le Canada. « Elle m'a presque mené à la ruine », a-t-il déclaré. « Elle disparaissait parfois plusieurs jours d'affilée, prenait de la drogue, faisait beaucoup la fête », a expliqué l'homme marié pendant quatre ans à une femme qui, selon lui, buvait beaucoup, prenait marijuana et cocaïne et mentait souvent.  

« Je suis allée de l'autre côté du pays pour m'éloigner de lui et faire une cure de désintoxication », a répondu Emily Spanton.